vendredi 23 juin 2017

Je te hais... passionnément

"— Tu t'es bien amusée ?
Avec combien de garçons es-tu sortie ?
— Soixante-dix, au bas mot.
— Et combien de shots tu as bu ?
— Quatorze. Du coup, j'ai laissé le volant à Jésus pendant un petit moment pour qu'il conduise à ma place.
Maman me tapote la tête en riant.
— Je suis contente que tu te sois amusée."


Auteur : Sara Wolf
Titre VO : Love me never
Traducteur : Alexandra Maillard
Editeur : PKJ
Genre : Romance YA
Date de parution : 18 mai 2017
Nombre de pages : 352
Prix : 16,90 €
Prix au format Kindle : 11,99 €


Présentation de l'éditeur


RÈGLE NUMÉRO 1 :
Ne jamais parler d'amour
RÈGLE NUMÉRO 2 :
Ne jamais penser à l'amour
RÈGLE NUMÉRO 3 :
Éviter tout sentiment

Isis Blake, 17 ans, a un objectif : ne JAMAIS retomber amoureuse. Alors qu'elle tente de s'intégrer dans son nouveau lycée, elle tient à ce que personne n'apprenne qu'avant elle était obèse... et qu'elle avait un coeur. Mais, au lieu de se faire discrète, Isis colle son poing dans la figure de Jack Hunter, celui qu'on surnomme " le Prince de Glace ". Dès lors les couloirs du lycée deviennent un champ de bataille. Leur guerre sera sans merci...

Mon Avis

Moi, lire de la romance Young-adult ? Oui. Tout est possible. Après avoir lu le sublime mais obscur Seul le silence, il me fallait quelque chose de léger à lire. Du divertissement, sans prise de tête et drôle.
Je te hais... passionnément sortait comme par hasard à ce moment-là. Les arguments de Pauline Mardoc, la directrice de collection de PKJ15+, sur Twitter, ont fait mouche : des répliques cinglantes, une romance pas ordinaire, drôle et émouvante à la fois. Et faible comme je suis, je me suis laissée tenter par la version Kindle.

Isis, 17 ans, fait une belle entrée en matière alors qu'elle intègre un nouveau lycée... En effet, lors d'une fête, elle colle son poing dans la figure de Jack Hunter, un lycéen étrange et taciturne, au regard glacial, que l'on nomme à juste titre "Le Prince de Glace". La façon dont il a parlé à sa nouvelle amie, Kayla, la mise hors d'elle. Bientôt, à coups de rumeurs qui circulent dans les couloirs du lycée, les deux personnages en viennent à se haïr. Et tous les coups bas sont permis.

Ce que j'ai apprécié, ce sont les répliques cinglantes, les manigances, les plans machiavéliques des deux personnages pour faire tomber l'autre. J'ai adoré l'originalité de l'intrigue, notamment ces deux personnages qui se détestent. L'un et l'autre souffrent chacun de leur côté, mais ils essaient de dissimuler leurs faiblesses, leurs secrets à tout prix. Par exemple, Isis, après un gros chagrin d'amour, s'est juré de ne plus jamais aimer.
Ce qui est appréciable également, c'est qu'on ne tombe pas rapidement dans la romance, on en observe plutôt les prémisses, et c'est pas plus mal.

Nous sommes dans un décor de lycée américain, et on n'échappe donc pas à quelques clichés : la meilleure amie un peu tarte, la peste populaire, les fêtes gigantesques alcoolisées. Cependant, je n'ai pas été gênée plus que ça. Je me suis laissée emporter par la lecture, dans cet univers qu'on connaît bien. Je me suis sentie parfaitement à l'aise. 

A côté de l'humour, il y a aussi de l'émotion. Des thèmes sensibles sont abordés : la violence conjugale, la dépression...

Côté personnages, j'ai préféré de loin le mystérieux Jack à l'agaçante Isis. Néanmoins, Isis s'est forgé une carapace et son caractère dur et insolent, même s'ils sont compréhensibles vis à vis de son passé, reste tout de même parfois agaçant.

En bref, Je te hais... passionnément a été un excellent moment de lecture, drôle, sans prise de tête. C'est une romance classique par son décor de lycée américain, mais original par son intrigue : cette haine qu'entretiennent les deux personnages est un pur délice. Répliques cinglantes, plans machiavéliques, secrets dévoilés, un cliffhanger qui nous laisse stupéfait, cette romance réserve de très bonnes surprises. Vivement le 2e tome... qui sortira au mois de novembre... (pourquoi tant de haine ?!).




A bientôt pour une prochaine chronique ^^













jeudi 22 juin 2017

Throwback Thursday livresque #35

Le Throwback Thursday livresque est un nouveau rendez-vous inspiré du "Throwback Thursday" d'Instagram, et créé par le blog BettieRose Books.
Le principe est simple : on partage chaque jeudi une lecture qui correspond à un thème donné.
Le récapitulatif des liens se trouve sur le blog de BettieRose Books.

Le thème de cette semaine est :



Summer Party



S'il y a un livre qui m'a forcément fait penser à l'été, c'est bien ce roman. Sa couverture respire l'été, la piscine, les séances de bronzage, tout ça avec un joli accent vintage. Allez, c'était facile... Il s'agit de :


Lily, tenue par le charme discret de la timidité, et Budgie, débordante de cran et d'assurance, sont amies depuis l'enfance. Si différentes mais inséparables, elles traversent avec insouciance les années fac dans la bonne société new-yorkaise.
Jusqu'à l'hiver 1931 où elles se perdent de vue.
Quand Budgie réapparaît, sept ans plus tard, c'est à Seaview au bras fier de son mari Nick Greenwald, celui que Lily a tant aimé, celui pour qui le coup de foudre avait été immédiat. Entre silences, accrocs et gênes, des liens vont alors se nouer, se renouer, des langues se délier révélant les trahisons, faisant émerger secrets enfouis et vérités nécessaires.
Alors qu'au large menace la tempête...



La conclusion de ma chronique était celle-ci : "L'Eté du cyclone est un roman passionnant par son intrigue qui se déroule dans les années 30, par sa romance attachante, par ses secrets de famille inattendus. Il se lit facilement et rapidement, malgré ses 480 pages. Néanmoins, j'ai été un petit peu déçue par la fin, notamment par la romance qui s'est muée en romance-mièvre-digne-d'un-téléfilm-de-l'après-midi-sur-M6 et par la réaction étrange d'un Nick, que je n'ai pas reconnu. Cependant, cela reste un roman agréable à lire, il est parfait pour l'été."



J'espère que ce petit aperçu vous aura donné envie de vous plonger dans ce roman estival.

A bientôt pour une prochaine chronique ^^






mardi 20 juin 2017

N'envoyez pas de fleurs

"Un beau jour, au vu et au su de tout le monde, la loi a cessé de faire la loi : ce sont eux, les criminels, qui décident de qui vit et qui meurt. Nom de
Dieu - il jeta sa cigarette -, dans quoi je suis allé me fourrer ?"


Auteur : Martin Solares
Titre VO : No manden flores
Traducteur : Christilla Vasserot
Editeur : Christian Bourgois
Genre : Roman noir
Date de parution : 02 février 2017
Nombre de pages : 379
Prix : 25 €
Prix format Kindle : 18,99 €


Présentation de l'éditeur


L’action se déroule dans le Golfe du Mexique, non loin de la frontière avec les États-Unis, à La Eternidad : une ville qui porte mal son nom car ses habitants ne semblent pas voués à y faire des vieux os. Une jeune fille de dixsept ans vient d’y être enlevée. C’est un évènement parfaitement banal dans la région. Mais les parents de Cristina sont riches et puissants et, avec l’aide du consul américain Don Williams, ils ont décidé de retrouver leur fille coûte que coûte. Ils font appel à un ancien policier Carlos Treviño. Dès lors, l’enquête avance à grands pas, ce qui n’aurait pas été le cas avec la police locale. La police, justement : elle est dirigée par le commissaire Margarito González, que tout le monde craint et qui a quelques comptes à régler avec Treviño. La Eternidad, ses meurtres, ses enlèvements, sa police corrompue…composent une allégorie du Mexique contemporain. Le récit est haletant et impitoyable. Ce roman noir politique permet de comprendre au plus près les liens entre la mairie de la ville, les policiers, les syndicats, les gardes du corps des différents groupes, le consul des États-Unis, la collusion entre tous.


Mon Avis

Lectrice de romans noirs, j'avais envie de découvrir un pays que je ne connaissais pas : le Mexique. Martin Solares dépeint ici un pays dont les racines, les structures, sont toutes gangrénées par la corruption, le pouvoir, l'argent et la drogue. On assiste à une escalade de la violence entre cartels de drogue, bandes rivales et police. Un roman noir haletant que je ne regrette pas d'avoir découvert via la Masse Critique Babelio. Merci à Babelio et aux éditions Christian Bourgois !

La Eternidad, ville portuaire située sur le golfe du Mexique (et imaginaire), reflète parfaitement la situation actuelle du pays : gangrénée par la violence et l'argent sale, La Eternidad vit au rythme des assassinats, des enlèvements et des règlements de compte, tristement quotidiens.


"Quant à la police et à l'armée de La Eternidad, je te déconseille de faire appel à eux : la police vendrait son âme au diable si le diable était le plus offrant ; quant à l'armée, elle dépend des hommes politiques en place, et tu sais pertinemment pour qui ils travaillent." (p. 12).


Rafael De Leon, l'homme d'affaires le plus riche de la région, en fait aujourd'hui les frais : sa fille de 17 ans, Cristina, a été enlevée vraisemblablement par un groupe de narcotrafiquants ultra-violent, "Les Nouveaux".


Deux jours après l'enlèvement, toujours pas de rançon. Le mystère s'obscurcit et le silence des kidnappeurs se fait inquiétant. Le consul des Etats-Unis et De Leon décident d'embaucher Carlos Trevino, un ancien policier qui a refait sa vie sous une fausse identité. Il est en effet recherché par la police, notamment par le Commissaire Margarito. Sa faute? Avoir arrêté le véritable assassin de plusieurs femmes, plutôt qu'un coupable tout désigné par son chef...


"— Je me demande bien pourquoi je souris... Tu m'excuseras, mais on n'a pas encore inventé d'expression du visage pour l'horreur qu'on est en train de vivre. Les séquestrations, les exécutions, les décapitations, les fusillades, les enlèvements minute..." (p.52).


Action, rebondissements, montée progressive de la violence, humour noir, ce roman noir a tout pour plaire. Il est tout de même assez dense, mais le rythme est haletant et on ne voit pas les pages défiler.

Ce roman est également une mine d'informations précieuses sur l'état actuel du Mexique. L'auteur dénonce la violence et la corruption qui empoisonne son pays. C'est noir, cruel, drôle parfois et un peu complexe avec son exploration des systèmes corrompus, entre police et cartels de drogue.

En bref, N'envoyez pas de fleurs est un roman noir mexicain remarquable. L'enquête a un rythme haletant et sa lecture devient vite addictive. C'est très noir, avec l'ascension de la violence (agressions, corps décapités, fusillades en plein jour...), et cette cruelle emprise qu'a la corruption sur cette terre mexicaine. C'est brillant. L'auteur a le mérite de dénoncer cette violence bien trop banalisée et le pouvoir de l'argent qui gangrène le Mexique. A découvrir.


A bientôt pour une prochaine chronique ^^




lundi 19 juin 2017

C'est Lundi, que lisez-vous ? #50

C'est l'heure du célèbre rendez-vous "C'est lundi, que lisez-vous ?", inspiré de It's Monday, What are you reading ?, repris par Galleane. Le récapitulatif des liens se fait sur son blog.


Chaque lundi, on répond à trois questions :
1. Qu'ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment ?
3. Que vais-je lire ensuite ?


La semaine dernière, j'ai lu :



J'avais plutôt bien aimé La Fille du train... et j'ai adoré Au fond de l'eau, le dernier roman de Paula Hawkins. Ce thriller  polyphonique aux personnages presque exclusivement féminins est très original et novateur. Qu'est-ce que ça change ! C'est addictif, prenant, réussi. A découvrir !



En ce moment, je lis :


Après Les Délices de Tokyo, porté à l'écran par Naomi Kawase, Durian Sukegawa signe un second roman tout aussi poétique, lumineux et original. Le jeune Ryôsuke manque de confiance en lui, un mal-être qui puise son origine dans la mort prématurée de son père. Après une tentative de suicide, il part sur ses traces et s'installe sur l'île où celui-ci a passé ses dernières années. Une île réputée pour ses chèvres sauvages où il va tenter de réaliser le rêve paternel : confectionner du fromage. Mais son projet se heurte aux tabous locaux et suscite la colère des habitants de l'île... Jusqu'où sommes-nous prêts à aller pour réaliser nos désirs ? A travers les épreuves de Ryôsuke, Durian Sukegawa évoque la difficulté à trouver sa voie, soulignant le prix de la vie, humaine comme animale.






Ma prochaine lecture :


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Articles publiés la semaine dernière :

Encore une semaine très chargée pour moi, et mon retard pour la rédaction de mes chroniques s'accentue une fois de plus... J'espère que cette semaine sera plus productive!

Je vous souhaite une excellente semaine et de très belles lectures.

A bientôt pour une prochaine chronique ^^







jeudi 15 juin 2017

Throwback Thursday livresque #34

Le Throwback Thursday livresque est un nouveau rendez-vous inspiré du "Throwback Thursday" d'Instagram, et créé par le blog BettieRose Books.
Le principe est simple : on partage chaque jeudi une lecture qui correspond à un thème donné.
Le récapitulatif des liens se trouve sur le blog de BettieRose Books.

Le thème de cette semaine est :


Fête des pères



Comme pour les mamans, le portrait des papas de mes lectures n'est pas très reluisant : absent, alcoolique, drogué, très violent, indifférent, carriériste et j'en passe. Rien d'étonnant à cela : je lis beaucoup de polars ou de romans noirs ^^
Je vais vous présenter ici un père divorcé, séparé de sa fille adolescente. Oui, d'accord il est alcoolique et goûte un peu toutes les drogues. Mais je vous le jure : il est généreux et il aime profondément sa fille. Dès que celle-ci fugue, il consacre toute son énergie à sa recherche, quitte à traverser les Etats-Unis pour la retrouver. C'est un personnage touchant et altruiste malgré ses travers. Il s'agit de Pete dans...


Dans le Montana, en 1980.
Autour de Pete, assistant social dévoué, gravite tout un monde d'écorchés vifs et d'âmes déséquilibrées. Il y a Beth, son ex infidèle et alcoolique, Rachel, leur fille de treize ans, en fugue dans les bas fonds de Tacoma, Luke, son frère, recherché par la police. Et puis il y a Cecil l'adolescent violent et sa mère droguée et hystérique, et ce jeune Benjamin, qui vit dans les bois environnants, avec son père, Jeremiah Pearl, un illuminé persuadé que l'apocalypse est proche, que la civilisation n'est que perversion et que le salut réside dans la survie et l'anarchie. Pearl qui s'est exclu de la société, peut-être par paranoïa, peut-être aussi pour cacher qu'il aurait tué son épouse et leurs cinq enfants.
Au milieu de cette cour des miracles, Pete pourrait être l'ange rédempteur, s'il n'était pas lui-même complètement perdu...

Yaak Valley, Montana, de Smith Henderson, Belfond, 2016, 500 p., 23 €.


La conclusion de ma chronique : "Yaak Valley, Montana est un roman fort, puissant et percutant qui dépeint une société américaine malade. L'auteur nous montre une Amérique isolée et abandonnée, habitée par une génération perdue et désemparée. Dans toute cette misère, Pete essaie d'aider tant bien que mal ces enfants vulnérables, en dépit de tous ses problèmes personnels. Et si Pete n'était pas si différent de tous ceux qu'il essaie d'aider ? Réussira-t-il à retrouver sa fille et à aider Cecil, Katie et Benjamin ? J'ai lu quelque part que ce roman était en passe de devenir un classique aux Etats-Unis. Rien d'étonnant en ce qui me concerne. En tout cas, ce fut un véritable coup de cœur pour moi."

Ma chronique


Je vous souhaite de très belles lectures.

A bientôt pour une prochaine chronique ^^







mercredi 14 juin 2017

Seul le silence

"Une chose est certaine, murmuré-je.
Je sais que tu ne seras jamais un ange."


Auteur : R.J. Ellory
Titre VO : A Quiet belief in angels
Traducteur : Fabrice Pointeau
Editeur : Sonatine
Genre : Thriller
Date de parution : 21 août 2008
Nombre de pages : 504
Prix : 22 €
Prix au format Kindle : 9,99 €
Disponible en poche (Le Livre de Poche) à 8,30 €


Présentation de l'éditeur

Que vous reste-t-il à perdre quand on vous a déjà tout pris ?
Joseph Vaughan, écrivain à succès, tient en joue un tueur en série, dans l'ombre duquel il vit depuis l'enfance.
Trente ans plus tôt : Joseph a 12 ans lorsqu'il découvre dans son village du Sud des États-Unis le corps d'une fillette assassinée. Une des premières victimes d'une longue série qui laissera longtemps la police impuissante.
Des années plus tard, alors que l'affaire semble enfin élucidée, Joseph décide de changer de vie et de s'installer à New York pour oublier les séquelles de cette histoire qui l'a touché de trop près. Mais à nouveau les meurtres d'enfants se multiplient, et il comprend que le tueur est toujours à l'oeuvre. Pour échapper à ses démons, Joseph n'aura d'autre solution que de reprendre l'enquête, afin de démasquer le vrai coupable, dont l'identité ne sera révélée que dans les toutes dernières pages.



Mon Avis

Après Un Cœur sombre et Papillon de nuit, je continue tranquillement ma lecture de tous les romans de R.J. Ellory, un grand écrivain que j'apprécie tout particulièrement, comme vous le savez déjà.
J'ai mis du temps à lire les 500 pages de Seul le silence, je dirais même que je l'ai savouré. Autant vous prévenir, c'est un roman noir. Très noir. Et au combien magnifique.

1939, Augusta Falls, un village au Sud des Etats-Unis. Joseph Vaughan, 11 ans, perd son père, emporté par une maladie. Le jeune garçon se retrouve alors seul avec sa mère, mais il reste entouré de ses voisins et amis, notamment Reilly Hawkins, qui a très bien connu son père. Pour son douzième anniversaire, son institutrice, Alexandra Webber, lui offre La Grande Vallée de John Steinbeck. En terminant de le lire, Joseph veut devenir écrivain. Alors que les rumeurs de guerre en Europe commencent à se faire entendre, un drame survient le 03 novembre 1939 : Alice Van Horne, que Joseph connaissait bien, a été retrouvée sauvagement assassinée. Les autorités sont impuissantes et le tueur en série continue de couper en deux des petites filles, en toute impunité.
Ces meurtres ont un impact sur Joseph : en plus de se sentir coupable, il ressent une frayeur terrible. Il décide de prendre les choses en mains et de faire stopper ces meurtres qui ne cessent de le hanter.

Tout commence par une scène à New York entre Joseph, adulte, écrivain à succès, et un homme sur qui il vient de tirer. Ces passages en italique se dissimulent entre certains chapitres, et Joseph nous en apprend plus sur son état d'esprit. Même s'il ne dévoile pas le nom du tueur, il nous incite à continuer notre lecture. Un brillant procédé.

Ces meurtres atroces de petites filles créent donc chez Joseph une profonde tristesse, une peur palpable, mais aussi de la colère.

"Je pleurai à nouveau, mais cette fois il y avait autre chose en plus du sentiment de perte : de la peur. Une peur qui me transperçait jusqu'aux os, accompagnée d'un sentiment de colère, presque de haine à l'égard de la personne qui avait fait ça." (p.52).

Il ressent également beaucoup de culpabilité et d'impuissance face à l'horreur.
La manière pour lui d'exorciser sa peur reste l'écriture. Cette réflexion sur l'écriture comme une sorte de "thérapie" est très intéressante.

"Mais alors, à quatorze ans, je voulais seulement comprendre pourquoi ces choses m'effrayaient tant. Je croyais que si je comprenais l'homme alors je n'aurais plus peur de lui. L'homme qui avait fait ces choses terribles à ces petites filles. J'essayais de m'imaginer la vie qu'il avait pu mener, la façon dont il voyait le monde, soi-disant le même monde que celui que je voyais, mais pourtant différent. Lorsque je voyais la lumière du soleil, ne voyait-il que les ombres ?" (p.79).

On s'attache très rapidement au personnage de Joseph. Il lui arrive dès l'enfance des choses terribles. On assiste à ses descentes aux Enfers, à sa douleur, comme si l'horreur ne cessait de le poursuivre. Les morts atroces des petites filles le hantent en permanence, même dans sa vie d'adulte. Avec lui, on souffre, on est touché en plein cœur, on est même parfois en colère contre cette malédiction qui poursuit Joseph.

Ce roman comporte des passages noirs, inoubliables, et écrits avec des mots minutieusement choisis, terriblement magnifiques. Les personnages, aussi bien principaux que secondaires, sont tous excellents, extrêmement bien travaillés. Cependant, le rythme peut rebuter certains lecteurs car il est parfois assez lent. Mais, comme j'en parlais plus haut, le style de R.J. Ellory ne se lit pas, il se savoure. Il faut prendre le temps de s'imprégner de l'atmosphère sombre de ce village américain.

En bref, après Papillon de nuit, R.J. Ellory signe une fois de plus un pur chef-d'oeuvre de la littérature. Empreint de noirceur, de mélancolie, ce roman explore à nouveau les méandres de l'âme humaine en ce qu'elle a de plus mauvais. La voie de l'écriture comme exutoire à la peur et à la colère est une notion très intéressante. Le style est comme d'habitude, magnifique et puissant. Seul le silence est inoubliable. Remarquable.


Seul le silence existe en format poche !



A bientôt pour une prochaine chronique ^^








mardi 13 juin 2017

[Test/tag PKJ] #12 : le bac

Le bac. Je m'en souviens comme si c'était hier... C'était il y a deux ans... ou plutôt, il y a 15 ans. Arff, ça ne fait pas une grosse différence, n'est-ce pas ? ...
Alors, comme ça, PKJ nous propose de (re) passer le bac. Mais un bac façon PKJ. C'est sûr, je vais rattraper ma pitoyable moyenne du bac. On y croit !


 « Pas de panique! Cette semaine, certains d’entre vous passent le Bac. Pour se mettre dans l’ambiance de façon ludique, on vous a concocté un tag sur ce thème. Le principe est toujours le même: présenter un livre correspondant à chaque question. Dans la mesure du possible, essayez de ne pas répondre 2 fois avec le même livre ! »




Français: citer un livre d’un auteur français dont vous avez apprécié la plume.




Mathématiques: citer un livre dont la couverture évoque les maths.




Anglais: citer un livre dont le titre est en anglais (mais le contenu en français).




Histoire: citer un livre dont l’intrigue se déroule dans un passé lointain.




Géographie: citer un livre dont l’histoire se déroule dans un endroit que vous savez placer sur une carte.




Philosophie: citer un livre qui vous a fait réfléchir.




Physique/chimie: citer un livre avec un personnage geek.




Economie: citer un livre dans lequel le héros exerce une activité professionnelle.




Sciences: citer un livre où les lettres SCIEN sont présentes dans le titre.




LV2: citer un livre écrit ni en Français, ni en Anglais.




Anna est un excellent roman italien !


Sport: citer un livre dans lequel le héros fait de la course à pied/du running.



Alors, cher jury, j'ai mon bac PKJ ?

N'hésitez pas à y répondre à votre tour !

Je vous souhaite de très belles lectures.

A bientôt pour une prochaine chronique ^^



lundi 12 juin 2017

C'est Lundi, que lisez-vous ? #49

C'est l'heure du célèbre rendez-vous "C'est lundi, que lisez-vous ?", inspiré de It's Monday, What are you reading ?, repris par Galleane. Le récapitulatif des liens se fait sur son blog.


Chaque lundi, on répond à trois questions :
1. Qu'ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment ?
3. Que vais-je lire ensuite ?


La semaine dernière, j'ai lu :



J'ai enfin terminé N'envoyez pas de fleurs de Martin Solares, le SP pour lequel j'ai été sélectionnée par la Masse Critique de Babelio. C'est très dense, c'est très noir, mais c'est excellent. Ce roman dépeint d'une manière réaliste la situation actuelle désastreuse du Mexique, avec sa police corrompue, ses bandes rivales. Doté d'un humour noir corrosif, le roman de Martin Solares promet de bons rebondissements et une bonne dose de violence. Du très bon :)
J'ai lu les deux SP reçus dans le cadre du Comité de lecture Cultura spécial rentrée littéraire 2017. Autant vous annoncer tout de suite : Demain sera tendre est une vraie petite pépite. On va en entendre parler, c'est certain (sortie le 23 août)...
Enfin, Ces rêves qu'on piétine de Sébastien Spitzer a été une excellente lecture, mieux encore, une révélation. Je ne peux pas vous en parler pour l'instant, mais je sens que ce roman brillant va également faire du bruit à la rentrée (sortie le 23 août)...



En ce moment, je lis :


POURREZ-VOUS REMONTER À LA SURFACE ? Après La Fille du train, le nouveau roman de Paula Hawkins
Une semaine avant sa mort, Nel a appelé sa sœur, Julia. Qui n'a pas voulu lui répondre. Alors que le corps de Nel vient d'être retrouvé dans la rivière qui traverse Beckford, leur ville natale, Julia est effrayée à l'idée de revenir sur les lieux de son enfance. De quoi a-t-elle le plus peur ? D'affronter l e prétendu suicide de sa sœur ? De s'occuper de Lena, sa nièce de quinze ans, qu'elle ne connaît pas ? Ou de faire face à un passé qu'elle a toujours fui ? Plus que tout encore, c'est peut-être la rivière qui la terrifie, ces eaux à la fois enchanteresses et mortelles, où, depuis toujours, les tragédies se succèdent.

Julia, Lena, Nel : avec ce superbe portrait de trois femmes en quête d'elles mêmes, aux prises avec les pesanteurs du passé, on retrouve l'infinie compréhension pour ses personnages dont témoignait déjà Paula Hawkins dans
La Fille du train. On y retrouve, surtout, sa virtuosité et un talent incroyable pour tenir le lecteur en haleine jusqu'à l'ultime rebondissement, qui marquera tous les esprits.


Ma prochaine lecture :



Articles publiés la semaine dernière :
- Chronique : Terminus Elicius, de Karine Giebel (Belfond)
- Chronique : Une Braise sous la cendre, de Sabaa Tahir


Je vous souhaite une excellente semaine et de très belles lectures :)

A bientôt pour une prochaine chronique ^^







dimanche 11 juin 2017

In My Mailbox #34

In My Mailbox est un rendez-vous hebdomadaire qui a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. C'est un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés ou empruntés à la bibliothèque. C'est le blog Lire ou Mourir qui s'occupe de la gestion du IMM français.


Mes achats



L'été de ses dix-huit ans, Anita Grankvist s'était fixé trois objectifs : apprendre à conduire une moto, acheter une maison et devenir complètement indépendante. Presque vingt ans plus tard, Anita n'a toujours pas réalisé ses rêves. Elle mène une petite vie tranquille, seule avec sa fille Emma, et travaille au supermarché local. Le départ d'Emma pour l'université va bouleverser ce quotidien un peu fade. Anita va devoir gérer quelque chose qui lui a cruellement manqué ces deux dernières décennies : du temps libre. Qu'à cela ne tienne, Anita commence à prendre des leçons de moto, se lance dans un projet impossible, apprend à connaître sa mère légèrement sénile, et tombe follement amoureuse. Finalement, n'est-ce pas merveilleux de réaliser ses rêves d'adolescence à l'approche de la quarantaine ?

Le Jour où Anita envoya tout balader, de Katarina Bivald, J'ai Lu, 2017, 8 €.



1993 : Sophie Delalande est folle d'amour pour sa fille, Hortense, presque trois ans, qu'elle élève seule. Son ex-compagnon est un homme violent, auquel elle refuse le droit de visite. Un jour, il fait irruption chez elle et lui enlève Hortense.
2015 : Sophie mène une vie morne, solitaire. Un dimanche pluvieux, elle se fait bousculer par une jeune femme dans la rue. Persuadée qu’il s’agit d’Hortense, elle la suit. Sans rien lui dévoiler, elle sympathise avec elle. La relation qui se noue alors est pleine de mystères. Sophie ne serait-elle pas la proie d'un délire psychotique qui lui fait prendre cette inconnue pour sa fille ? Et cette jeune femme est-elle aussi innocente qu’elle le paraît ?
Une intrigue fascinante et haletante, inspirée d’un fait divers.

Hortense, de Jacques Expert, Le Livre de Poche, 2017, 7,60 €.




Qui est Vernon Subutex ?
Une légende urbaine.
Un ange déchu.
Un disparu qui ne cesse de ressurgir.
Le détenteur d'un secret.
Le dernier témoin d'un monde révolu.
L'ultime visage de notre comédie inhumaine.

Vernon Subutex, tome 1, de Virginie Despentes, Le Livre de Poche, 2016, 7,90 €.


Le Jour où Anita envoya tout balader et Hortense faisaient partie de mes tentations livresques de ce mois de juin :) Quant à Vernon Subutex... j'ai vraiment envie de découvrir l'univers de Virginie Despentes, alors... encore un craquage.
On dit bien "jamais deux sans trois", non ? ^^


Je vous souhaite un très bon dimanche et de belles lectures...


A demain ^^










samedi 10 juin 2017

Une Braise sous la cendre

"Le champ de bataille est mon temple.
La pointe de la lame est mon prêtre.
La danse de la mort est ma prière.
Le coup fatal est ma délivrance."
    
    

Auteur : Sabaa Tahir
Titre VO : An Ember in the Ashes
Traduction : Hélène Zylberait
Edition : PKJ
Genre : Fantasy
Date de la parution : 15 octobre 2015
Nombre de pages : 528
Prix : 18,90 €
Prix au format Kindle : 13,99 €


Présentation de l'éditeur


"Je vais te dire ce que je dis à chaque esclave qui arrive à Blackcliff : la Résistance a tenté de pénétrer dans l'école un nombre incalculable de fois. Si tu travailles pour elle, si tu contactes ses membres, et même si tu y songes, je le saurai et je t'écraserai."

Autrefois l'Empire était partagé entre les Érudits, cultivés, gardiens du savoir, et les Martiaux, armée redoutable, brutale, dévouée à l'empereur. Mais les soldats ont pris le dessus, et désormais quiconque est surpris en train de lire ou d'écrire s'expose aux pires châtiments. Dans ce monde sans merci, Laia, une esclave, et Elias, un soldat d'élite, vont tout tenter pour retrouver la liberté... et sauver ceux qu'ils aiment.

Mon Avis

Quelques mois auparavant, dans un Top Ten Tuesday spécial sagas, plusieurs d'entre vous m'ont conseillé de découvrir la saga de Sabaa Tahir. J'avais vu le premier tome, Une Braise sous la cendre, encensé partout sur la blogosphère, et cette fantasy jeunesse à "tendance dystopique" a attiré ma curiosité. Puis cette couverture... comment ne pas succomber, franchement ? Mais... qu'en est-il du contenu ?

L'Empire a changé de visage depuis des décennies. Les Erudits, peuple cultivé, gardiens du savoir, sont réduits en esclavage par les Martiaux, armée belliqueuse, qui forme ses soldats à Blackliff, une école impitoyable aux méthodes très violentes. Ce récit alterne deux voix : celle de Laia, une Erudite de 17 ans, et celle d'Elias, soldat d'élite de Blackliff. Il commence sur les chapeaux de roue puisque Laia assiste, impuissante, à l'assassinat de la seule famille qui lui restait. Son frère aîné, Darin, est quant à lui, retenu prisonnier par les Martiaux. Laia se retrouve livrée à elle-même. Elle réussit à prendre contact avec la Résistance et se retrouve chargée d'accomplir une mission qui peut lui coûter la vie : devenir l'esclave de la Commandante, personnage particulièrement inhumain et tortionnaire à la tête de Blackliff.
Quant à Elias, il est un Mask, un soldat d'élite de Blackliff. Il ne pense qu'à une chose : fuir cette école et retrouver la liberté. Mais lorsqu'il est désigné pour subir des Epreuves qui, s'il les réussit, le mèneront à la tête de l'Empire, ses plans sont bouleversés... Quel choix va-t-il faire ?

Des libertés inexistantes, mais un univers foisonnant. Une Braise sous la cendre allie habilement système totalitaire et légendes multiculturelles, de l'Orient en passant par la Grèce antique.
"Enfant, je passais des heures à écouter les conteurs tribaux raconter des histoires d'êtres légendaires : le Semeur de Nuit et son djinn, les fantômes, les éfrits, les spectres et les créatures." (p.49).

Petite parenthèse : les djinns et les goules sont des créatures qu'on croise également dans un autre titre de PKJ, Rebelle du désert, de Alwyn Hamilton (ma chronique)... Les Epreuves, Veturius et Hélène sont quant à eux des références à la mythologie grecque.

Nous n'échappons pas ici aux prophéties dans ce roman de fantasy. Les Augures, créatures immortelles, font figure de pythies ou de prophètes. D'ailleurs, c'est l'un d'eux, Cain, qui perturbera les plans d'Elias et le confrontera à faire un choix :

"Demain, tu devras faire un choix. Déserter ou accomplir ton devoir. Fuir ton destin ou le regarder en face. (...) Tu as une chance de connaître la véritable liberté, de corps et d'âme." (p.86).

Laia est aussi confrontée à choisir sa destinée, mais le poids de la culpabilité se fait davantage sentir chez ce personnage. Peu sûre d'elle, fragile, mais tout de même déterminée à sauver son frère, elle fait face à de nombreux moments de découragement et de questionnement.

Les deux protagonistes de l'histoire ont soif de liberté. Le premier veut retrouver son frère et la liberté de lire et d'écrire. Le deuxième est révolté par la violence, le sang versé, les exécutions de ses camarades. Elias est un personnage vraiment fascinant car il est sans cesse tiraillé entre son caractère de soldat sanguinaire, impitoyable, et son âme empreinte de sensibilité et d'empathie. Dès le départ, il est un personnage très attachant. L'un comme l'autre, Laia et Elias devront faire des choix, faire des sacrifices et se confronter à leur destin.

Quant à la Commandante, figure emblématique de Blackliff, sans âme, sans aucune pitié, elle est véritablement l'un des personnages les plus démoniaques que j'ai pu croisés. Il n'y a aucune trace d'humanité en elle. Cependant, elle n'en est pas moins intéressante, surtout lorsqu'on connaît quelques bribes de son passé.

Enfin, l'autre point fort d'Une Braise sous la cendre, c'est l'action. On ne s'ennuie pas une seconde, des séquences s'enchaînent et la lecture est addictive du début à la fin. 
De même, la romance ici est très diluée : elle est présente, mais elle reste "pudique", cachée, retenue. Le triangle amoureux se révèle ici assez complexe, il n'est pas flagrant, et les sentiments amoureux se confondent souvent avec ceux de l'amitié.

En bref, Une Braise sous la cendre est un roman de fantasy innovant, à l'univers impitoyable bien que foisonnant et multiculturel, mettant en lumière deux personnages radicalement différents mais unis par un même objectif : la liberté. Ils affronteront de nombreux obstacles, se retrouveront à faire des sacrifices, à faire des choix. Cette saga a tout pour plaire : de l'action, des personnages forts et fascinants, un univers original, une lecture addictive et un léger soupçon de romance. Une belle référence dans le monde de la fantasy jeunesse.


A bientôt pour une prochaine chronique ^^