jeudi 17 août 2017

"La Disparition de Josef Mengele" d'Olivier Guez

Cavale dantesque d'un monstre



Rentrée littéraire 2017

Présentation de l'éditeur


1949  : Josef Mengele arrive en Argentine.
Caché derrière divers pseudonymes, l’ancien médecin tortionnaire à Auschwitz  croit pouvoir s’inventer une nouvelle vie à Buenos Aires. L’Argentine de Peron est bienveillante, le monde entier veut oublier les crimes nazis. Mais la traque reprend et le médecin SS doit s’enfuir au Paraguay puis au Brésil. Son errance de planque en planque, déguisé et rongé par l’angoisse, ne connaîtra plus de répit… jusqu’à sa mort mystérieuse sur une plage en 1979.
Comment le médecin SS a-t-il pu passer entre les mailles du filet, trente ans durant  ?
La Disparition de Josef Mengele est une plongée inouïe au cœur des ténèbres. Anciens nazis, agents du Mossad, femmes cupides et dictateurs d’opérette évoluent dans un monde corrompu par le fanatisme, la realpolitik, l’argent et l’ambition. Voici l’odyssée dantesque de Josef Mengele en Amérique du Sud. Le roman-vrai de sa cavale après-guerre.


Mon Avis

Helmut Gregor descend du North King et pose les pieds à Buenos Aires. Il est mécanicien. Il a avec lui une petite valise contenant des "seringues hypodermiques, cahiers de notes et de schémas anatomiques, échantillons de sang, plaquettes de cellules : étrange pour un mécanicien". Le médecin du port qui l'a inspecté lui demande des explications. Tout ce que Gregor trouva à dire, c'est qu'il est biologiste amateur. Après l'avoir longuement toisé, le médecin lui a ouvert le passage. Le 22 juin 1949, Helmut Gregor, de son vrai nom Josef Mengele, l'ange de la mort, est en Argentine.

Olivier Guez, journaliste, écrivain et scénariste, nous narre la cavale de Josef Mengele en Amérique du Sud qui dura trente ans (de 1949 à 1979). Pour ceux qui ne le connaissent pas ou ceux qui l'ont oublié, Josef Mengele était le médecin du camp de concentration d'Auschwitz. C'était lui qui sélectionnait notamment les déportés voués aux chambres à gaz. Il réalisa aussi des expérimentations médicales meurtrières sur des hommes, des femmes et des enfants. A la fin de la guerre, il échappa à l'Armée rouge, trouva refuge en Italie. Nous le retrouvons ici à Buenos Aires.

"Croiser son regard et lui adresser la parole étaient interdits ; même ses camarades de l'ordre noir avaient peur de lui. Sur la rampe où l'on triait les juifs d'Europe, ils étaient ivres mais lui restait sobre et sifflotait quelques mesures de "Tosca" en souriant. Ne jamais s'abandonner à un sentiment humain.
La pitié est une faiblesse (...)."

On apprend beaucoup sur cet homme manipulateur, despote, colérique, vaniteux, haineux, sans aucun affect pour l'humain. Cet être est tout bonnement à vomir. L'auteur nous transmet ce portrait détestable, mais aussi ses écrits, ses propos immondes sur ses expériences sur la gémellité, et sur cette volonté de "défendre la race nordique".

Dans un pays comme l'Argentine, qui voue un culte au couple Peron, Mengele ne se sent pas "dépaysé". Grâce à des explications claires et précises, on apprend beaucoup sur ce pays en plein expansion grâce à ses exportations vers l'Europe, mais aussi sur le couple Peron et ses liens avec le nazisme. Buenos Aires est un "Quatrième Reich fantôme" : l'Argentine ferme les yeux et délivre même un titre de séjour à Mengele. Si ce dernier s'en sort, c'est grâce aussi à des réseaux cachés, dans lesquels se réunissent ses camarades nazis. Ainsi, Rudel, "as des as de la Luftwaffe", le prend sous son aile. La famille richissime de Mengele qui possède une grande entreprise de machines agricoles en Allemagne, lui envoie de l'argent régulièrement. 

"(...) il a la liberté, l'argent, le succès, personne ne l'a arrêté et
personne ne l'arrêtera jamais".

A partir de là, Mengele va mener une vie agréable et paisible... "Il a quitté son triste faubourg pour l'épatante villa, un lit douillet, une chambre lumineuse (...), des petits pains, des œufs et une bonne Autrichienne qui s'affaire en cuisine soir et matin". Avec ses amis nazis, il joue au poker, va au théâtre, dans les cabarets, au dancing et fréquente des prostituées. "Il dirige une charpenterie et une fabrique de meubles financées par l'intarissable manne familiale, pratique des avortements clandestins et vante la robustesse légendaire des machines agricoles Mengele aux fermiers des provinces du Chaco et de Santa Fe." Personne ne le recherche. Alors, fini Helmut Gregor, Mengele reprend son véritable nom en 1956. "Le pacha s'entoure et s'embourgeoise. La vie lui sourit".

Ce n'est qu'à la fin de l'année 1956 que "le monde découvre peu à peu l'extermination des juifs d'Europe". Grâce à la mention de son divorce en 1954 sur les actes d'état civil, la traque de Mengele commence enfin. Il se voit contraint de se réfugier au Paraguay. La plénitude laisse peu à peu la place à la peur, à la solitude et à la paranoia chez Mengele. Pour notre plus grand plaisir. La presse parle de lui et de ses atrocités. Il prend un nouveau nom et s'installe chez un couple de fermiers hongrois dans une zone caniculaire paraguayenne.

"Maintenant commence la descente aux enfers de Mengele.
Il va ronger son cœur et s'égarer dans la nuit."

Dans une deuxième partie, l'auteur s'étend davantage sur les actes horribles perpétrés par Mengele à Auschwitz, relatés par ceux qui l'ont côtoyé de près. Ces passages sont très éprouvants à lire. Mais nécessaires pour que l'on saisisse toute l'horreur que cet homme a été capable de produire. "Le fils de bonne famille a envoyé quatre cent mille hommes à la chambre à gaz en sifflotant." Puis, l'auteur annonce d'ores et déjà la descente aux enfers de Mengele pour notre plus grande satisfaction.

Olivier Guez ne se contente pas de relater la cavale de Mengele. Il pointe du doigt divers acteurs qui l'ont aidé à se cacher, qui l'ont enrichi, qui se sont tus. Il met aussi en lumière les entreprises, les laboratoires qui ont largement profité des travaux des détenus d'Auschwitz pour s'enrichir. Il dénonce également ceux qui ont fui comme Mengele et qui se sont élevés notamment au rang de professeur d'université. Enfin, il met le doigt sur certains agissements du Mossad, chargé de traquer Mengele, qui n'a pas pris la peine d'interroger un témoin-clé. Mengele n'a jamais été capturé. Il n'a jamais été jugé. On ne peut pas s'empêcher de s'interroger sur certaines zones d'ombre.

Enfin, la bibliographie établie par Olivier Guez est forte intéressante et très complète si vous vous intéressez à la Seconde Guerre Mondiale. Et les toutes dernières lignes de l'auteur sur la Mémoire et la nature humaine sont tout simplement magistrales.

En bref, La Disparition de Josef Mengele est un roman fort, saisissant, magistral sur la cavale de ce criminel de guerre. On est tour à tour offusqués, dérangés, horrifiés par ses actes, ses pensées, son comportement et sa nature, profondément abjects. On apprend énormément sur l'Argentine et l'Allemagne de l'après-guerre. Ce roman nous amène enfin à nous interroger sur cette situation : comment des criminels de guerre peuvent-ils restés impunis ? Comment en sont-ils devenus à mener une vie de pacha ? Comment sont-ils passés entre les mailles du filet ? Pourquoi personne ne les recherchait avant 1956 ? Un livre parfois dur, mais nécessaire. Aussi passionnant que dérangeant, il parle de la nature humaine et tout ce qu'elle est capable d'engendrer. A lire absolument.



Un grand merci aux éditions Grasset et à NetGalley !

La Disparition de Josef Mengele, d'Olivier Guez, Grasset, 240 p., 18,50 €, sortie le 16 août 2017.



Pour tout savoir sur la Rentrée littéraire du Net, un événement créé par Piko Books, cliquez ici !



A bientôt pour une prochaine chronique ^^


Throwback Thursday livresque #42

Le Throwback Thursday livresque est un nouveau rendez-vous inspiré du "Throwback Thursday" d'Instagram, et créé par le blog BettieRose Books.
Le principe est simple : on partage chaque jeudi une lecture qui correspond à un thème donné.
Le récapitulatif des liens se trouve sur le blog BettieRose Books.

Le thème de cette semaine est :


Le livre le plus marquant
de vos lectures 2016





J'ai eu beaucoup de lectures marquantes l'année dernière. Je pourrais vous citer mes gros coups de cœur, comme La Voix des vagues de Jackie Copleton, Un Bûcher sous la neige de Susan Fletcher, Yaak Valley Montana de Smith Henderson, Là où les lumières se perdent de David Joy, etc., etc. mais je vous les ai déjà tous présentés dans plusieurs TBTL et même dans plusieurs autres rendez-vous... Vous devez en avoir marre à force, ça se comprend... Alors, j'ai décidé de vous présenter non un coup de cœur, mais un livre qui m'a interrogée, qui m'a bousculée, qui m'a un peu secouée, bref, un livre "choc" qui m'a fait réfléchir. Ce livre est sorti pendant la rentrée littéraire 2016... Il s'agit de :




Ils sont gardiens de la paix. Des flics en tenue, ceux que l’on croise tous les jours et dont on ne parle jamais, hommes et femmes invisibles sous l’uniforme.
Un soir d’été caniculaire, Virginie, Érik et Aristide font équipe pour une mission inhabituelle : reconduire un étranger à la frontière. Mais Virginie, en pleine tempête personnelle, comprend que ce retour au pays est synonyme de mort. Au côté de leur passager tétanisé, toutes les certitudes explosent. Jusqu’à la confrontation finale, sur les pistes de Roissy-Charles-de-Gaulle, où ces quatre vies s’apprêtent à basculer.
En quelques heures d’un huis clos tendu à l’extrême se déploie le suspense des plus grandes tragédies. Comment être soi, chaque jour, à chaque instant, dans le monde tel qu’il va ?


Police, de Hugo Boris, Grasset, 2016, 198 p., 17,50 €.



La conclusion de ma chronique : "Police est un livre actuel sur quatre vies humaines. Trois sont gardiens de la paix, un est un ex-détenu courant vers une mort certaine. On ne peut qu'apprécier la profondeur humaine de ces trois personnages, avec leurs doutes, leurs failles, leurs espoirs. Un roman court mais intense émotionnellement que je ne peux que vous recommander."

Ma chronique en intégralité


Cet excellent roman sera édité au format poche le 07 septembre 2017 par Pocket ! Profitez-en ! Je suis certaine que qu'il vous marquera lui aussi.




Je vous souhaite de très belles lectures.

A bientôt pour une prochaine chronique ^^




mercredi 16 août 2017

"La Tresse" de Laëtitia Colombani

Trois destins de femmes entremêlés




Présentation de l'éditeur

Trois femmes, trois vies, trois continents. Une même soif de liberté.Inde. Smita est une Intouchable. Elle rêve de voir sa fille échapper à sa condition misérable et entrer à l’école.Sicile. Giulia travaille dans l’atelier de son père. Lorsqu’il est victime d’un accident, elle découvre que l’entreprise familiale est ruinée.Canada. Sarah, avocate réputée, va être promue à la tête de son cabinet quand elle apprend qu’elle est gravement malade.

Liées sans le savoir par ce qu’elles ont de plus intime et de plus singulier, Smita, Giulia et Sarah refusent le sort qui leur est destiné et décident de se battre. Vibrantes d’humanité, leurs histoires tissent une tresse d’espoir et de solidarité.


Mon Avis


"J'aime ces heures solitaires, ces heures où mes mains dansent. C'est un étrange ballet que celui de mes doigts. Ils écrivent une histoire de tresse et d'entrelacs. Cette histoire est mienne.
Pourtant elle ne m'appartient pas."
Ainsi se termine le prologue du roman de la réalisatrice, actrice et scénariste française Laëtitia Colombani. Il s'agit de l'histoire de trois femmes issues de trois continents différents. Elles ne se connaissent pas. Leurs modes de vie ne sont évidemment pas les mêmes. Smita vit en Inde et elle est considérée comme un rebut de la société. Guilia, Sicilienne, est ouvrière dans l'atelier que dirige son père. Sarah, de Montréal, est associée dans un prestigieux cabinet d'avocats. Pourtant, un point commun les unit. Cet élément, nous le saurons qu'à la fin du récit.

"Mais ce matin n'est pas un jour comme les autres. Smita a pris une décision (...) :
sa fille ira à l'école."

Smita est une Dalit, une Intouchable. "Hors caste, hors système, hors tout". Elle n'est jamais allée à l'école. Son fardeau quotidien, sa punition, c'est de "ramasser la merde des autres à mains nues, toute la journée." Sa mère l'avait emmenée avec elle à l'âge de six ans pour qu'elle prenne la relève. Mais Smita refuse que sa fille Lalita connaisse à son tour ce misérable destin. Elle l'a décidé, Lalita ira à l'école.

La famille de Guilia vit depuis près d'un siècle de la "cascatura", une coutume sicilienne ancestrale qui consiste à conserver les cheveux pour en faire des postiches ou des perruques. Elle travaille comme ouvrière dans l'atelier Lanfredi, que dirige son père. Jusqu'au jour où ce dernier, victime d'un accident de scooter, se trouve entre la vie et la mort. Giulia se retrouve donc à la tête de l'entreprise et découvre plus tard les difficultés financières terribles que cachaient son père. Elle doit absolument trouver une solution pour sauver l'entreprise familiale et la dizaine d'ouvrières qu'elle emploie.

"Elle avait caché ses larmes sous une épaisse couche de fond de teint, avant d'aller travailler. Elle se sentait déchirée, écartelée, mais ne pouvait se confier à personne."

La vie de Sarah est chronométrée, "millimétrée". Associée dans un cabinet d'avocat prestigieux et machiste, elle a su bâtir une carrière solide après maints sacrifices : cela lui a coûté ses deux mariages. Sarah est une guerrière, et le tribunal, son arène. Cependant, derrière le masque, la culpabilité la ronge. Elle ne voit que très peu ses trois enfants. Le jour où elle a laissé son premier enfant âgé de 5 jours à une nourrice a été terrible pour elle. Pourtant, Sarah est heureuse : elle a une maison, une brillante carrière, des enfants. Seulement, après quelques malaises au travail, Sarah apprend qu'elle souffre d'une grave maladie. Sa vie bascule et sa brillante carrière est compromise.

Même si le style de Laëtitia Colombani reste simple et semble s'approcher de l'écriture du conte, le charme de La Tresse opère. Ces trois femmes se révèlent attachantes et émouvantes. L'autrice dénonce les injustices et les violences faites aux femmes, celles qui se voient ("Dans les villages, les femmes sont obligées d'attendre la tombée de la nuit pour aller dans les champs, s'exposant à de multiples agressions.") et celles qui ne se voient pas (la destitution d'une collègue de Sarah était "une violence sourde, invisible, une violence ordinaire que personne ne dénonçait."). Le poids des traditions, le système social pèsent énormément sur leurs vies. Et elles ont toutes choisi à un moment donné de redresser la tête et d'avancer, malgré les obstacles.

"Sa blessure ne se voyait pas, elle était invisible, quasi indécelable sous son maquillage parfait et ses tailleurs de grands couturiers."

Dans ce roman, les hommes proches de ces trois héroïnes sont des personnages très positifs (il faut le souligner !). Nagarajan, le mari de Smita, même s'il reste assez traditionaliste, "ne l'a jamais battue, jamais insultée" et accepte que sa fille aille à l'école. Ron, "Magic Ron", est celui qui garde les enfants et gère la maison de Sarah lorsqu'elle s'absente. Guilia tombe amoureuse d'un refugié de religion sikh, qui considère que la femme comme l'égal de l'homme. Ces trois hommes viennent en aide à nos trois personnages féminins.

Glissés entre quelques chapitres, des poèmes de l'autrice/ouvrière sur le travail du cheveu ajoutent du charme et de l'authenticité au récit. J'ai beaucoup apprécié ces petits apartés. Enfin, ce livre a le don de nous happer dans son intrigue grâce à ses amorces en fin de chapitre. On ne pense qu'à une chose : savoir ce qu'il va arriver à ces trois femmes étonnantes et puissantes.

En bref, oui, La Tresse mérite bien son succès. C'est un roman bouleversant, aux personnages attachants, au style clair et lissé. Trois femmes choisissent de prendre leurs destins en main malgré la discrimination, les traditions, la violence des hommes. Elles ont décidé de livrer bataille. Même si le récit contient quelques petits défauts des premiers romans (quelques clichés, style relativement simple), le charme opère et la fin est juste magnifique. Et mon avis n'est pas tiré par les cheveux, car La Tresse est en cours de traduction dans 16 langues, sera peut-être sélectionné pour le Prix Renaudot (d'après Europe 1) et son autrice pense même à l'adapter en film !


La Tresse, de Laëtitia Colombani, Grasset, 2017, 224 p., 18 €.





Un grand merci à NetGalley et aux éditions Grasset pour cette excellente lecture.

A bientôt pour une prochaine chronique ^^




mardi 15 août 2017

Top Ten Tuesday #24

Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon un thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a été initialement créé par The Broke and the Bookish et repris en français par Frogzine. Le récapitulatif des liens se trouve sur son blog.

Le thème d'aujourd'hui est :



Les 10 livres de votre PAL
qui attendent depuis trop longtemps d'être lus




Je n'ai pas triché ! ^^
Excellent thème, qui me permet de passer en revue les "oubliés" de ma PAL...


1. La Fille du chaos, de Masahiko Shimada (Le Livre de Poche)

Naruhiko a hérité des pouvoirs visionnaires de sa grand-mère chamane. Pour apprendre à contrôler ses dons, l’adolescent retourne sur la terre de ses ancêtres afin d’y subir un éprouvant rite d’initiation. Dans ses rêves apparaît Mariko.
Lycéenne devenue amnésique, celle-ci est séquestrée par un homme qui abuse d’elle et la conditionne au meurtre. Une fois libérée, elle est vite happée par la violence des bas-fonds de Tôkyô. Elle rencontre Sanada, un professeur d’université qui va se servir de la jeune fille comme machine de guerre contre une société aliénée et corrompue qu’il abhorre.
Unissant trois destins, ce spiritual mystery (« polar spirituel ») convoque le chamanisme et les forces surnaturelles d’un Japon millénaire pour mieux dénoncer l’enfer d’un monde qui a perdu son âme.


2. La Conquête de Plassans, d'Emile Zola (Le Livre de Poche)


"Dormez sur vos deux oreilles, disait Flaubert à Zola inquiet, c'est une œuvre, votre bouquin, fort, très fort, râblé, bien portant." Il s'agissait de ce quatrième volet des Rougon-Macquart, histoire naturelle et sociale d'une famille sous le Second Empire. C'est la conquête d'une ville légitimiste, en réalité Aix, la ville natale de Zola, par un prêtre bonapartiste qui subjugue les femmes, la belle société, la jeunesse et le clergé. Au milieu des intrigues mesquines ou cocasses des " honnêtes gens ", ce prêtre ambitieux et sans scrupule, véritable Satan, va conduire les héros, dans un déchaînement de violence, à la folie et à la mort.

Il faudrait que je termine de le lire !


3. Les Bienveillantes, de Jonathan Littell (Gallimard)


"En fait, j'aurais tout aussi bien pu ne pas écrire. Après tout, ce n'est pas une obligation. Depuis la guerre, je suis resté un homme discret; grâce à Dieu, je n'ai jamais eu besoin, comme certains de mes anciens collègues, d'écrire mes Mémoires à fin de justification, car je n'ai rien à justifier, ni dans un but lucratif, car je gagne assez bien ma vie comme ça. Je ne regrette rien : j'ai fait mon travail, voilà tout; quant à mes histoires de famille, que je raconterai peut-être aussi, elles ne concernent que moi; et pour le reste, vers la fin, j'ai sans doute forcé la limite, mais là je n'étais plus tout à fait moi-même, je vacillais, le monde entier basculait, je ne fus pas le seul à perdre la tête, reconnaissez-le. Malgré mes travers, et ils ont été nombreux, je suis resté de ceux qui pensent que les seules choses indispensables à la vie humaine sont l'air, le manger, le boire et l'excrétion, et la recherche de la vérité. Le reste est facultatif." Avec cette somme qui s'inscrit aussi bien sous l'égide d'Eschyle que dans la lignée de Vie et destin de Vassili Grossman ou des Damnés de Visconti, Jonathan Littell nous fait revivre les horreurs de la Seconde Guerre mondiale du côté des bourreaux, tout en nous montrant un homme comme rarement on l'avait fait : l'épopée d'un être emporté dans la traversée de lui-même et de l'Histoire.


4. Désirable, de Yann Queffélec (Points)


"J'ai perdu la vie, cet après-midi-là, avec ma polaire violette et mes antibios, ma tétine à ruban. Au début j'ai vu la mer et le cygne de mer, tout près, il ouvrait les ailes, on s'est même regardés. J'allais poser la main sur lui quand l'océan m'a fermé les yeux."


Yann Queffélec fait partie de mes auteurs favoris.







5. Kushiel, tome 1 : la Marque, de Jacqueline Carey (Milady)


Phèdre a été marquée par le dieu Kushiel, ce qui lui vaut d'éprouver à jamais le plaisir dans la douleur. Un don unique et cruel qui a fait d'elle la plus convoitée des courtisanes… et une espionne exceptionnelle. Très vite, Phèdre va découvrir l'existence d'un complot mortel qui pèse sur son peuple, et se retrouver embarquée dans une aventure épique et déchirante, qu'il lui faudra mener jusqu'au bout.






6. Le Jour où..., de Paul Beorn (Castelmore)


Un thriller fantastique fort et poignant raconté à deux voix, et prenant place dans une ville fictive française. Un thème proche du roman Sa Majesté des mouches de William Golding. Tous les adultes se sont endormis... que la fête commence ! Pendant une journée que les enfants baptisent « le jour du marchand de sable », tous les adultes sombrent les uns après les autres dans un mystérieux coma... Enfants et adolescents se retrouvent livrés à eux-mêmes. Dans une petite ville, Léo et Marie, deux lycéens de seize ans, rassemblent autour d'eux quelques amis pour vivre ensemble dans un vieil immeuble. Mais des gangs profitent de la situation, s'accaparent les réserves de nourriture et deviennent de plus en plus violents. La bande de Léo doit apprendre à se battre pour défendre leur liberté quand d'autres voudraient imposer la loi du plus fort. Léo et sa bande parviendront-ils à survivre jusqu'au réveil des adultes ? Et si les adultes ne se réveillaient jamais ?


7. L'Héritage des rois-passeurs, de Manon Fargetton (Bragelonne)


La dernière héritière d'une lignée royale doit fuir notre monde et retourner dans celui de ses ancêtres pour échapper aux hommes qui veulent l'éliminer. Là-bas, une princesse rebelle rentre chez elle pour prendre ce qui lui est dû : le trône d'Ombre. Voici l'histoire de deux femmes, de deux mondes imbriqués, de deux retours simultanés qui bouleverseront une fois de plus le destin tortueux du royaume d'Ombre. Coïncidence, ou rencontre orchestrée de longue date ?






8. Feed, tome 1, de Mira Grant (Bragelonne)


Lorsque le virus s'est propagé, en 2014, tout le monde a cru à une blague, alors que ça pouvait aussi bien être la fin du monde. Aujourd'hui, en 2039, chacun a appris à éviter les zones infectées et les rassemblements publics. Mais lorsqu'il s'agit de suivre la campagne pour les présidentielles aux Etats-Unis, certains, comme les blogueurs Georgia et Shaun Mason, au nom de la vérité, sont prêts à affronter le danger : les meetings, les hordes de journalistes et d'agents chargés d'assurer la sécurité des candidats... Autant de risques de se retrouver en présence d'un infecté, face à face avec un zombie. Feed est à la fois un roman d'horreur, une fable grinçante sur le journalisme et la politique, une ode à la culture geek, un thriller conspirationniste haletant... et bien plus encore !


9. Les Sept royaumes, tome 1 : le Roi démon, de Cinda Williams Chima (Bragelonne)



Les Sept Royaumes vont trembler ! Pour aider sa famille à survivre, Han a renoncé à sa vie de voleur. Ses bracelets d’argent suffiraient à la nourrir, mais un sort mystérieux les scelle à ses poignets depuis toujours. Et ses mésaventures ne font que commencer : quand il prend possession d’une étrange amulette, il est loin d’imaginer qu’elle a appartenu au Roi Démon, qui a failli détruire le monde mille ans auparavant... et qu’il vient de s’attirer les foudres d’hommes impitoyables. Raisa est princesse, mais elle aussi doit se battre... contre le mariage que lui impose sa mère. Pas question de se laisser faire ! Elle préfère partir au galop vers l’aventure et rêver d’Hanalea, la guerrière légendaire qui libéra le monde de l’emprise du Roi Démon. C’est ainsi qu’Han et Raisa vont se rencontrer et, à leur insu, réveiller les forces obscures qui avaient autrefois mis les Sept Royaumes en péril...



10. Les Enchantements d'Ambremer, tome 1 : le Paris des merveilles, de Pierre Pevel (Bragelonne)


À première vue, on se croirait dans le Paris de la Belle Époque. En y regardant de plus près, la tour Eiffel est en bois blanc, les sirènes ont investi la Seine, les farfadets, le bois de Vincennes, et une ligne de métro rejoint le pays des fées... Dans ce Paris des merveilles, Louis Denizart Hippolyte Griffont, mage du Cercle Cyan, est chargé d'enquêter sur un trafic d'objets enchantés, lorsqu'il se retrouve impliqué dans une série de meurtres. Il lui faudra alors s'associer à Isabel de Saint-Gil, une fée renégate que le mage ne connaît que trop bien...




Et vous, quels sont les oubliés de votre PAL ?

Je vous souhaite de très belles lectures.

A bientôt pour une prochaine chronique ^^






lundi 14 août 2017

C'est Lundi, que lisez-vous ? #58

C'est l'heure du célèbre rendez-vous "C'est lundi, que lisez-vous ?", inspiré de It's Monday, What are you reading ?, repris par Galleane. Le récapitulatif des liens se fait sur son blog.


Chaque lundi, on répond à trois questions :
1. Qu'ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment ?
3. Que vais-je lire ensuite ?


La semaine dernière, j'ai lu :



J'ai lu une vraie pépite : Nulle part sur la terre, deuxième roman de Michael Farris Smith, qui paraîtra chez Sonatine le 24 août prochain. C'est l'un de mes gros coups de cœur de cette rentrée littéraire. Ce récit met en lumière deux personnages déchirés par la vie, Maben qui erre sans but et sans argent avec sa petite fille, et Russell qui sort juste de prison. Il parle de rédemption, met en avant ces laissés pour compte, ces acharnés qui s'accrochent à la vie. Le style de l'auteur est certes assez particulier, mais on s'y habitue très vite. Un écrivain à suivre absolument.
Ensuite, j'ai lu L'Ecliptique de Benjamin Wood, auteur du Complexe d'Eden Bellwether. Ici, on parle d'un refuge réservé uniquement aux artistes, dans les années 70. Malheureusement, je n'ai pas été conquise par ce roman que j'ai trouvé long et ennuyeux. Il sort en librairie le 17 août. 




En ce moment, je lis :

1949  : Josef Mengele arrive en Argentine.
Caché derrière divers pseudonymes, l’ancien médecin tortionnaire à Auschwitz  croit pouvoir s’inventer une nouvelle vie à Buenos Aires. L’Argentine de Peron est bienveillante, le monde entier veut oublier les crimes nazis. Mais la traque reprend et le médecin SS doit s’enfuir au Paraguay puis au Brésil. Son errance de planque en planque, déguisé et rongé par l’angoisse, ne connaîtra plus de répit… jusqu’à sa mort mystérieuse sur une plage en 1979.
Comment le médecin SS a-t-il pu passer entre les mailles du filet, trente ans durant  ?
La Disparition de Josef Mengele est une plongée inouïe au cœur des ténèbres. Anciens nazis, agents du Mossad, femmes cupides et dictateurs d’opérette évoluent dans un monde corrompu par le fanatisme, la realpolitik, l’argent et l’ambition. Voici l’odyssée dantesque de Josef Mengele en Amérique du Sud. Le roman-vrai de sa cavale après-guerre.

Sortie le 16 août.


Ma prochaine lecture :



Articles publiés la semaine dernière :

Bla bla my life :
Le blog fonctionnera au ralenti toute la semaine prochaine, vacances obligent ! Je reviendrai en forme le 28 août, avec des chroniques spéciales "rentrée littéraire" !


Je vous souhaite une excellente semaine et de très belles lectures.

A bientôt pour une prochaine chronique ^^






dimanche 13 août 2017

In My Mailbox #42

In My Mailbox est un rendez-vous hebdomadaire qui a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. C'est un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés ou empruntés à la bibliothèque. C'est le blog Lire ou Mourir qui s'occupe de la gestion du IMM français.


Deux Achats



Si célèbre soit-il, James Dean, symbole de la jeunesse éternelle, demeure toujours aussi insaisissable. Vivre vite, roman choral tout en nuances, dresse, à travers la voix de ses proches, le portrait intime d'un garçon de l'Indiana, inconsolable et myope, turbulent mais d'une beauté irrésistible, qui s'est donné à tous, sans jamais appartenir à personne : un acteur incandescent devenu, en trois films et un accident de voiture, une icône intemporelle.

Vivre vite, de Philippe Besson, éditions 10/18, 2016, 168 p., 7,10 €.





Après des années de catastrophes naturelles successives, une frontière a été tracée entre le nord et le sud des États-Unis. Le sud, de la Louisiane à la Floride, est devenu un véritable no man's land. La région a été évacuée et n'est plus qu'une zone de non-droit ravagée par les tempêtes incessantes. Cohen est l'un des rares qui a choisi de rester. C'est un homme hanté par le décès de sa femme et de leur enfant à naître. Son errance solitaire prend fin lorsqu'il trouve une colonie de survivants menée par un prêcheur fanatique qui retient prisonnier des femmes et des enfants.
Cohen va les libérer et entamer avec eux un dangereux périple vers le nord.
Un roman post-apocalyptique sans concession dans la lignée de
La route de McCarthy.

Traduit de l'anglais (États-Unis) par Michelle Charrier.

Une Pluie sans fin, de Michael Farris Smith, 10/18, 2016, 432 p., 8,40 €.

Après le gros coup de cœur que j'ai eu pour Nulle part sur la terre, il me fallait le premier roman de Michael Farris Smith. Oui, il me le fallait. En plus c'est un roman post-A. Donc MFM + post-a. = perfection. Enfin, j'espère.





Un SP


1949  : Josef Mengele arrive en Argentine.
Caché derrière divers pseudonymes, l’ancien médecin tortionnaire à Auschwitz  croit pouvoir s’inventer une nouvelle vie à Buenos Aires. L’Argentine de Peron est bienveillante, le monde entier veut oublier les crimes nazis. Mais la traque reprend et le médecin SS doit s’enfuir au Paraguay puis au Brésil. Son errance de planque en planque, déguisé et rongé par l’angoisse, ne connaîtra plus de répit… jusqu’à sa mort mystérieuse sur une plage en 1979.
Comment le médecin SS a-t-il pu passer entre les mailles du filet, trente ans durant  ?
La Disparition de Josef Mengele est une plongée inouïe au cœur des ténèbres. Anciens nazis, agents du Mossad, femmes cupides et dictateurs d’opérette évoluent dans un monde corrompu par le fanatisme, la realpolitik, l’argent et l’ambition. Voici l’odyssée dantesque de Josef Mengele en Amérique du Sud. Le roman-vrai de sa cavale après-guerre.

La Disparition de Josef Mengele, d'Olivier Guez, Grasset, sortie le 17 août.

Merci aux éditions Grasset et à NetGalley !


Je vous souhaite un très bon dimanche et de belles lectures.

A demain ^^










vendredi 11 août 2017

Premières lignes #04

Je me lance dans un tout nouveau rendez-vous hebdomadaire, qui aura lieu tous les vendredis.
Ce rendez-vous a été créé par Ma Lecturothèque.

Le principe est simple : il s’agit de présenter chaque semaine l’incipit d’un roman.

Ce rendez-vous est très intéressant car il nous permet de découvrir en quelques lignes un style, un langage, un univers, une atmosphère.

On choisit le livre que l'on veut : un coup de cœur, une lecture actuelle, un livre de sa PAL, un emprunt à la bibliothèque...



Ce livre, on ne le présente plus. Il est inscrit parmi les meilleures ventes depuis des semaines et des semaines. Il suscite la curiosité de tous, dont la mienne ! J'aimerais bien le lire cet été, histoire de découvrir ce qui fait son succès. Aujourd'hui, on lit les premières lignes de...



"PROLOGUE

Effacer les traces

1

   Ce matin Rino m'a téléphoné, j'ai cru qu'il voulait encore de l'argent et me suis préparée à le lui refuser. Mais le motif de son appel était tout autre : sa mère avait disparu.
  "Depuis combien de temps ?
   — Quinze jours.
   — Et c'est maintenant que tu m'appelles ?"
   Mon ton a dû lui paraître hostile ; pourtant je n'étais ni en colère ni indignée, juste un tantinet sarcastique. Il a tenté de répliquer mais n'a pu émettre qu'une réponse confuse, gênée, moitié en dialecte et moitié en italien. Il s'était mis dans la tête, m'a-t-il expliqué, que sa mère était en vadrouille quelque part dans Naples, comme d'habitude.
   "Même la nuit ?
    — Tu sais comment elle est.
    — D'accord, mais quinze jours d'absence, tu trouves ça normal ?
   — Ben oui. Ca fait longtemps que tu ne l'as pas vue, c'est encore pire : elle n'a jamais sommeil, elle va et vient, elle fait tout ce qui lui passe par la tête."
   Il avait quand même fini par s'inquiéter. Il avait interrogé tout le monde, fait le tour des hôpitaux et s'était même adressé à la police. Rien, sa mère n'était nulle part. Quel bon fils ! Un gros bonhomme sur la quarantaine, qui n'avait jamais travaillé de sa vie et n'avait fait que trafiquer et gaspiller. J'ai imaginé avec quelle diligence il avait dû faire ses recherches : aucune. Il n'avait pas de cervelle, et rien ne lui tenait à cœur hormis sa propre personne."


Je vous souhaite de belles lectures.

A bientôt pour une prochaine chronique ^^





jeudi 10 août 2017

Rentrée littéraire 2017 : ma Wishlist

581. C'est le nombre de livres qui paraîtront pour cette rentrée littéraire. D'après Livres Hebdo, les premiers romans français sont un peu plus privilégiés cette année, car ils enregistrent une légère hausse de production (6 %). Concernant ma sélection, j'ai choisi des romans d'auteurs francophones, mais aussi étrangers. Il y en a pour tous les goûts : des têtes d'affiche, des romans un peu plus "discrets" mais alléchants.
Prêts ?
GO.




Pour tout savoir sur la Rentrée littéraire du Net, un événement créé par Piko Books, cliquez ici !




La Disparition de Josef Mengele, d'Olivier Guez (Grasset)

1949  : Josef Mengele arrive en Argentine.
Caché derrière divers pseudonymes, l’ancien médecin tortionnaire à Auschwitz  croit pouvoir s’inventer une nouvelle vie à Buenos Aires. L’Argentine de Peron est bienveillante, le monde entier veut oublier les crimes nazis. Mais la traque reprend et le médecin SS doit s’enfuir au Paraguay puis au Brésil. Son errance de planque en planque, déguisé et rongé par l’angoisse, ne connaîtra plus de répit… jusqu’à sa mort mystérieuse sur une plage en 1979.
Comment le médecin SS a-t-il pu passer entre les mailles du filet, trente ans durant  ?
La Disparition de Josef Mengele est une plongée inouïe au cœur des ténèbres. Anciens nazis, agents du Mossad, femmes cupides et dictateurs d’opérette évoluent dans un monde corrompu par le fanatisme, la realpolitik, l’argent et l’ambition. Voici l’odyssée dantesque de Josef Mengele en Amérique du Sud. Le roman-vrai de sa cavale après-guerre.

Sortie le 16 août.


Par le vent pleuré, de Ron Rash (Seuil)

Dans une petite ville paisible au cœur des Appalaches, la rivière vient de déposer sur la grève une poignée d'ossements, ayant appartenu à une jeune femme. Elle s'appelait Ligeia, et personne n'avait plus entendu parler d'elle depuis un demi-siècle.
1969 : le summer of love. Ligeia débarque de Floride avec l'insouciance et la sensualité de sa jeunesse, avide de plaisirs et de liberté. C'est l'époque des communautés hippies, du Vietnam, de la drogue, du sexe et du Grateful Dead. Deux frères, Bill et Eugene, qui vivent bien loin de ces révolutions, sous la coupe d'un grand-père tyrannique et conservateur, vont se laisser séduire par Ligeia la sirène et emporter dans le tourbillon des tentations. Le temps d'une saison, la jeune fille bouleversera de fond en comble leur relation, leur vision du monde, et scellera à jamais leur destin – avant de disparaître aussi subitement qu'elle était apparue.
À son macabre retour, les deux frères vont devoir rendre des comptes au fantôme de leur passé, et à leur propre conscience, rejouant sur fond de paysages grandioses l'éternelle confrontation d'Abel et de Caïn.


Sortie le 17 août.



Une Histoire des loups, d'Emily Fridlund (Gallmeister)

Madeline, adolescente un peu sauvage, observe à travers ses jumelles cette famille qui emménage sur la rive opposée du lac. Un couple et leur enfant dont la vie aisée semble si différente de la sienne. Bientôt, alors que le père travaille au loin, la jeune mère propose à Madeline de s’occuper du garçon, de passer avec lui ses après-midi, puis de partager leurs repas. L’adolescente entre petit à petit dans ce foyer qui la fascine, ne saisissant qu’à moitié ce qui se cache derrière la fragile gaieté de cette mère et la sourde autorité du père. Jusqu’à ce qu'il soit trop tard.

Sortie le 17 août.








La Salle de bal, d'Anna Hope (Gallimard)

Lors de l'hiver 1911, l'asile d'aliénés de Sharston, dans le Yorkshire, accueille une nouvelle pensionnaire : Ella, qui a brisé une vitre de la filature dans laquelle elle travaillait depuis l'enfance. Si elle espère d'abord être rapidement libérée, elle finit par s'habituer à la routine de l'institution. Hommes et femmes travaillent et vivent chacun de leur côté : les hommes cultivent la terre tandis que les femmes accomplissent leurs tâches à l'intérieur. Ils sont néanmoins réunis chaque vendredi dans une somptueuse salle de bal. Ella y retrouvera John, un "mélancolique irlandais". Tous deux danseront, toujours plus fébriles et plus épris. A la tête de l'orchestre, le docteur Fuller observe ses patients valser. Séduit par l'eugénisme et par le projet de loi sur le Contrôle des faibles d'esprit, Fuller a de grands projets pour guérir les malades. Projets qui pourraient avoir des conséquences désastreuses pour Ella et John.

Sortie le 17 août.


Une Histoire des abeilles, de Maja Lunde (Presses de la Cité)

Un triptyque écologiste qui raconte l'amour filial à travers le destin des abeilles.

Angleterre, 1851. Père dépassé et époux frustré, William a remisé ses rêves de carrière scientifique. Cependant, la découverte de l'apiculture réveille son orgueil déchu : pour impressionner son fils, il se jure de concevoir une ruche révolutionnaire.
Ohio, 2007. George, apiculteur bourru, ne se remet pas de la nouvelle : son unique fils, converti au végétarisme, rêve de devenir écrivain. Qui va donc reprendre les rênes d'une exploitation menacée par l'inquiétante disparition des abeilles ?
Chine, 2098. Les insectes ont disparu. Comme tous ses compatriotes, Tao passe ses journées à polliniser la nature à la main. Pour son petit garçon, elle rêve d'un avenir meilleur. Mais, lorsque ce dernier est victime d'un accident, Tao doit se plonger dans les origines du plus grand désastre de l'humanité.

Sortie le 17 août.


La Serpe, de Philippe Jaenada (Julliard)

Un matin d'octobre 1941, dans un château sinistre au fin fond du Périgord, Henri Girard appelle au secours : dans la nuit, son père, sa tante et la bonne ont été massacrés à coups de serpe. Il est le seul survivant. Toutes les portes étaient fermées, aucune effraction n'est constatée. Dépensier, arrogant, violent, le jeune homme est l'unique héritier des victimes. Deux jours plus tôt, il a emprunté l'arme du crime aux voisins. Pourtant, au terme d'un procès retentissant (et trouble par certains aspects), il est acquitté et l'enquête abandonnée. Alors que l'opinion publique reste convaincue de sa culpabilité, Henri s'exile au Venezuela. Il rentre en France en 1950 avec le manuscrit du Salaire de la peur, écrit sous le pseudonyme de Georges Arnaud.
Jamais le mystère du triple assassinat du château d'Escoire ne sera élucidé, laissant planer autour d'Henri Girard, jusqu'à la fin de sa vie (qui fut complexe, bouillonnante, exemplaire à bien des égards), un halo noir et sulfureux. Jamais, jusqu'à ce qu'un écrivain têtu et minutieux s'en mêle...
Un fait divers aussi diabolique, un personnage aussi ambigu qu'Henri Girard ne pouvaient laisser Philippe Jaenada indifférent. Enfilant le costume de l'inspecteur amateur (complètement loufoque, mais plus sagace qu'il n'y paraît), il s'est plongé dans les archives, a reconstitué l'enquête et déniché les indices les plus ténus pour nous livrer ce récit haletant dont l'issue pourrait bien résoudre une énigme vieille de soixante-quinze ans.


Sortie le 17 août.


Légende d'un dormeur éveillé, de Gaëlle Nohant (Héloïse d'Ormesson)

Gaëlle Nohant, dans les pas de Robert Desnos, ressuscite quinze ans d'histoires, le bouillonnement du Paris des années trente, les déchirements politiques des artistes plongés dans la tourmente de l'Histoire, du Front populaire à l'Occupation. Son investigation littéraire est fabuleuse, précise, subtile et magistrale. Une traversée du XXe siècle, vivante et tumultueuse, dans les pas d'un héros dont on ne peut que tomber amoureux.
Robert Desnos a vécu mille vies - écrivain, critique de cinéma, chroniqueur radio, résistant de la première heure -, sans jamais se départir de sa soif de liberté et d'amour. Pour révéler cette vie, aussi héroïque qu'engagée, Gaëlle Nohant a épousé les pas du poète, des Halles à Montparnasse, non sans quelques détours, à Cuba ou à Belle-Ile. Comme si elle avait écouté les battements de son cœur dans l'atelier de la rue Blomet, suivi les séances de spiritisme durant lesquelles il libérait son inconscient, s'était assise aux terrasses du Select ou de la Coupole en compagnie d'Éluard, Man Ray, Picasso ou Garcia Lorca ; avait tressailli en écoutant les anathèmes d'André Breton, fumé l'opium avec Yvonne Georges, son étoile inaccessible, et dansé des nuits entières au Bal nègre aux côtés de Kiki et de Jean-Louis Barrault.
Pour ce voyage avec Desnos, elle puise dans la puissance d'évocation de la littérature, citant son œuvre, sondant les âmes en medium et, comme lui, " parlant surréaliste ". S'identifiant à Youki, son grand amour, elle l'accompagne jusqu'au bout du voyage, au camp de Theresienstadt.

Sortie le 17 août.


Les Fantômes du vieux pays, de Nathan Hill (Gallimard)

Scandale aux Etats-Unis : le gouverneur Packer, candidat à la présidentielle, a été agressé en public. Son assaillante est une femme d'âge mûr : Faye Andresen-Anderson. Les médias s'emparent de son histoire et la surnomment Calamity Packer. Seul Samuel Anderson, professeur d'anglais à l'Université de Chicago, passe à côté du fait divers, tout occupé qu'il est à jouer en ligne au Monde d'Elfscape. Pourtant, Calamity Packer n'est autre que sa mère, qui l'a abandonné à l'âge de onze ans. Et voilà que l'éditeur de Samuel, qui lui avait versé une avance rondelette pour un roman qu'il n'a jamais écrit, menace de le poursuivre en justice. En désespoir de cause, le jeune homme lui propose un nouveau projet : un livre révélation sur sa mère qui la réduira en miettes. Samuel ne sait presque rien d'elle ; il se lance donc dans la reconstitution minutieuse de sa vie, qui dévoilera bien des surprises et réveillera son lot de fantômes. Des émeutes de Chicago en 1968 au New York post-11-Septembre en passant par la Norvège des années quarante et le Midwest des années soixante, Nathan Hill s'empare de l'Amérique d'aujourd'hui et de ses démons et compose avec beaucoup d'humour une fresque aussi ambitieuse que captivante.

Sortie le 17 août.


Bakhita, de Véronique Olmi (Albin Michel)

Elle a été enlevée à sept ans dans son village du Darfour et a connu toutes les horreurs et les souffrances de l'esclavage. Rachetée à l'adolescence par le consul d'Italie, elle découvre un pays d'inégalités, de pauvreté et d'exclusion. Affranchie à la suite d'un procès retentissant à Venise, elle entre dans les ordres et traverse le tumulte des deux guerres mondiales et du fascisme en vouant sa vie aux enfants pauvres. Bakhita est le roman bouleversant de cette femme exceptionnelle qui fut tour à tour captive, domestique, religieuse et sainte. Avec une rare puissance d'évocation, Véronique Olmi en restitue le destin, les combats incroyables, la force et la grandeur d'âme dont la source cachée puise au souvenir de sa petite enfance avant qu'elle soit razziée.

Sortie le 23 août.



Le Courage qu'il faut aux rivières, d'Emmanuelle Favier (Albin Michel)

Elles ont fait le serment de renoncer à leur condition de femme. En contrepartie, elles ont acquis les droits que la tradition réserve depuis toujours aux hommes : travailler, posséder, décider. Manushe est l'une de ces " vierges jurées " : dans le village des Balkans où elle vit, elle est respectée par toute la communauté. Mais l'arrivée d'Adrian, un être au passé énigmatique et au regard fascinant, va brutalement la rappeler à sa féminité et au péril du désir. Baignant dans un climat aussi concret que poétique, ce premier roman envoûtant et singulier d'Emmanuelle Favier a la force du mythe et l'impalpable ambiguïté du réel.

Sortie le 23 août.






Les Sables de l'Amargosa, de Claire Vaye Watkins (Albin Michel)

Une terrible sécheresse a fait de la Californie un paysage d'apocalypse. Fuyant Central Valley devenue stérile, les habitants ont déserté les lieux. Seuls quelques résistants marginaux sont restés, prisonniers de frontières désormais fermées, menacés par l'avancée d'une immense dune de sable mouvante qui broie tout sur son passage. Parmi eux, Luz, ancien mannequin, et Ray, déserteur " d'une guerre de toujours ", ont trouvé refuge dans la maison abandonnée d'une starlette de Los Angeles. Jusqu'à cette étincelle : le regard gris-bleu d'une fillette qui réveille en eux le désir d'un avenir meilleur. Emmenant l'enfant, ils prennent la direction de l'Est où, selon une rumeur persistante, un sourcier visionnaire aurait fondé avec ses disciples une intrigante colonie... Salué par la presse américaine, Les Sables de l'Amargosa surprend autant par son réalisme, d'une brûlante actualité, que par sa dimension prémonitoire. Portée par une langue d'une beauté brutale, ponctuée de scènes mémorables, cette fable réinvente le roman de l'errance dans la lignée de John Steinbeck et Cormac McCarthy.

Sortie le 23 août.


American War, d'Omar El Akkad (Flammarion)

Une nouvelle guerre a éclaté aux Etats-Unis opposant le Nord aux Etats sudistes rebelles à tout contrôle des énergies fossiles. Sarat Chestnut a six ans quand son père est tué et qu'elle doit rejoindre un camp de réfugiés avec sa famille. Cette tragédie signe la fin d'une enfance ensoleillée près du Mississippi. D'une fillette curieuse et vive, Sarat se mue au fil des épreuves et des injustices en une héroïne insaisissable, féroce, révoltée. Bientôt, sous l'influence d'un homme qui la prend sous son aile, elle se transformera en une impitoyable machine de guerre. Portrait d'un conflit dévastateur qui détruit l'espoir et l'humain sur son passage, American War fait écho à toutes les luttes fratricides qui naissent aux quatre coins du monde.

Sortie le 23 août.




Underground Railroad, de Colson Whitehead (Albin Michel)

Cora, seize ans, est esclave sur une plantation de coton dans la Géorgie d'avant la guerre de Sécession. Abandonnée par sa mère lorsqu'elle était enfant, elle survit tant bien que mal à la violence de sa condition. Lorsque Caesar, un esclave récemment arrivé de Virginie, lui propose de s'enfuir, elle accepte et tente, au péril de sa vie, de gagner avec lui les Etats libres du Nord. De la Caroline du Sud à l'Indiana en passant par le Tennessee, Cora va vivre une incroyable odyssée. Traquée comme une bête par un impitoyable chasseur d'esclaves qui l'oblige à fuir, sans cesse, le " misérable coeur palpitant " des villes, elle fera tout pour conquérir sa liberté. L'une des prouesses de Colson Whitehead est de matérialiser l'" Underground Railroad", le célèbre réseau clandestin d'aide aux esclaves en fuite qui devient ici une véritable voie ferrée souterraine, pour explorer, avec une originalité et une maîtrise époustouflantes, les fondements et la mécanique du racisme. A la fois récit d'un combat poignant et réflexion saisissante sur la lecture de l'Histoire, ce roman, couronné par le prix Pulitzer, est une oeuvre politique aujourd'hui plus que jamais nécessaire.

Sortie le 23 août.


La Tour abolie, de Gérard Mordillat (Albin Michel)
"Quand les pauvres n'auront plus rien à manger, ils mangeront les riches." La tour Magister : trente-huit étages au coeur du quartier de la Défense. Au sommet, l'état-major, gouverné par la logique du profit. Dans les sous-sols et les parkings, une population de misérables rendus fous par l'exclusion. Deux mondes qui s'ignorent, jusqu'au jour où les damnés décident de transgresser l'ordre social en gravissant les marches du paradis. Avec la verve batailleuse qui a fait le succès de La Brigade du rire, Gérard Mordillat, l'auteur de Vive la sociale ! et de Les Vivants et les morts, livre une fable prodigieuse sur la société capitaliste et la révolte de ceux qu'elle exclut.

Sortie le 23 août.





Frappe-toi le cœur, d'Amélie Nothomb (Albin Michel)
"Frappe-toi le coeur, c'est là qu'est le génie", Alfred de Musset.

Sortie le 24 août.
















Mischling, Affinity K. (Actes Sud)
Pearl et Stasha ont douze ans, sont jumelles. Deux jeunes filles ordinaires. Mais pour les nazis, elles ont une particularité : ce sont des "Mischling", des sang-mêlé. C'est à ce titre qu'elles sont déportées à Auschwitz, à l'automne 1944, où le tristement célèbre docteur Mengele les sélectionne pour leur faire subir des expériences médicales. Face à l'horreur, les soeurs se réfugient dans l'imagination, la complicité naturelle qui les unit. L'hiver arrivé, et l'armée russe approchant, Pearl disparaît mystérieusement. Ignorant si elle est toujours en vie, Stasha décide, à la libération du camp, de partir à sa recherche. Posant un regard nouveau sur l'un des épisodes les plus sombres de l'histoire de l'humanité, Affinity Konar signe un roman déchirant sur la compassion et la cruauté, la brutalité et la force des sentiments.

Sortie le 06 septembre.



La Nature des choses, de Charlotte Wood (Editions du Masque)
Dix femmes emprisonnées au milieu du désert australien. Dix femmes au crâne rasé, vêtues d’habits étranges. Trois geôliers, vicieux et imprévisibles, pour les surveiller. Un jour, la nourriture vient à manquer. Pour elles comme pour eux. Et les proies se changent en prédatrices.

Sortie le 06 septembre.












Hillbilly élégie, de James-David Vance (Globe)
"On les appelle Hillbillies, Rednecks ou White Trash. Pour moi, ce sont mes voisins, mes amis, ma famille." J.D. Vance. Dans ce récit à la fois personnel et politique, J.D Vance raconte son enfance violente et chaotique dans les Appalaches – cette immense région des Etats-Unis qui a vu l'industrie du charbon et la métallurgie péricliter – et décrit avec humanité et bienveillance la rude vie de ces " petits blancs " du Midwest que l'on dit xénophobes et qui ont voté pour Donald Trump. Roman autobiographique, roman d'un transfuge, Hillbilly élégie nous fait entendre la voix d'une classe désillusionnée et pose des questions essentielles : Comment peut-on avoir du travail et ne pas manger à sa faim dans le pays le plus riche du monde ? Comment l'Amérique démocrate, ouvrière et digne est-elle devenue républicaine, pauvre et pleine de rancune ?

Sortie le 06 septembre.



Tout est brisé, de William Boyle (Gallmeister)
Tout semble brisé dans la vie d'Erica qui ne peut compter sur l'aide de personne pour s'occuper de son père, tout juste sorti de l'hôpital. Son fils Jimmy, qui arrive à l'improviste après plusieurs années de silence, ne lui offre aucun soulagement car lui-même se sent mal à l'aise face à sa famille dans ce quartier de Brooklyn trop hanté par ses souvenirs. Il prend au contraire une nouvelle fois la fuite pour se réfugier chez des amis, à 80 km de l'Etat de New York, où il se sent plus perdu que jamais. Alors qu'une tempête se prépare, Jimmy appelle sa mère, et Erica n'hésite pas à prendre la route en affrontant les éléments déchaînés pour venir au secours de ce fils devenu sa seule raison de vivre. Et tous deux se retrouvent dans une atmosphère de fin du monde. William Boyle revient ici au décor et aux personnages de Gravesend qu'il évoque avec une mélancolie déchirante, celle-là même que lui inspire Bob Dylan lorsqu'il chante Everything is broken.

Sortie le 07 septembre.



Je vais m'arrêter ici ^^. Il y aurait encore quelques uns qu'il me plairait de lire, mais mon article est suffisamment long comme ça ! 😃

Je publierai très prochainement ma PAL de cette rentrée littéraire... Pour l'instant, elle contient d'ores et déjà 13 romans, ce qui est pas mal ! Tout ça grâce au Comité de lecture de Cultura, aux éditions de l'Observatoire ainsi qu'aux éditions Sonatine. Un grand merci à eux !

Et vous, quels romans de la rentrée littéraire attendez-vous le plus ?

Partagez-les avec le #RLN2017 !

Je vous souhaite de très belles lectures.

A bientôt pour une prochaine chronique ^^