jeudi 17 août 2017

"La Disparition de Josef Mengele" d'Olivier Guez

Cavale dantesque d'un monstre



Rentrée littéraire 2017

Présentation de l'éditeur


1949  : Josef Mengele arrive en Argentine.
Caché derrière divers pseudonymes, l’ancien médecin tortionnaire à Auschwitz  croit pouvoir s’inventer une nouvelle vie à Buenos Aires. L’Argentine de Peron est bienveillante, le monde entier veut oublier les crimes nazis. Mais la traque reprend et le médecin SS doit s’enfuir au Paraguay puis au Brésil. Son errance de planque en planque, déguisé et rongé par l’angoisse, ne connaîtra plus de répit… jusqu’à sa mort mystérieuse sur une plage en 1979.
Comment le médecin SS a-t-il pu passer entre les mailles du filet, trente ans durant  ?
La Disparition de Josef Mengele est une plongée inouïe au cœur des ténèbres. Anciens nazis, agents du Mossad, femmes cupides et dictateurs d’opérette évoluent dans un monde corrompu par le fanatisme, la realpolitik, l’argent et l’ambition. Voici l’odyssée dantesque de Josef Mengele en Amérique du Sud. Le roman-vrai de sa cavale après-guerre.


Mon Avis

Helmut Gregor descend du North King et pose les pieds à Buenos Aires. Il est mécanicien. Il a avec lui une petite valise contenant des "seringues hypodermiques, cahiers de notes et de schémas anatomiques, échantillons de sang, plaquettes de cellules : étrange pour un mécanicien". Le médecin du port qui l'a inspecté lui demande des explications. Tout ce que Gregor trouva à dire, c'est qu'il est biologiste amateur. Après l'avoir longuement toisé, le médecin lui a ouvert le passage. Le 22 juin 1949, Helmut Gregor, de son vrai nom Josef Mengele, l'ange de la mort, est en Argentine.

Olivier Guez, journaliste, écrivain et scénariste, nous narre la cavale de Josef Mengele en Amérique du Sud qui dura trente ans (de 1949 à 1979). Pour ceux qui ne le connaissent pas ou ceux qui l'ont oublié, Josef Mengele était le médecin du camp de concentration d'Auschwitz. C'était lui qui sélectionnait notamment les déportés voués aux chambres à gaz. Il réalisa aussi des expérimentations médicales meurtrières sur des hommes, des femmes et des enfants. A la fin de la guerre, il échappa à l'Armée rouge, trouva refuge en Italie. Nous le retrouvons ici à Buenos Aires.

"Croiser son regard et lui adresser la parole étaient interdits ; même ses camarades de l'ordre noir avaient peur de lui. Sur la rampe où l'on triait les juifs d'Europe, ils étaient ivres mais lui restait sobre et sifflotait quelques mesures de "Tosca" en souriant. Ne jamais s'abandonner à un sentiment humain.
La pitié est une faiblesse (...)."

On apprend beaucoup sur cet homme manipulateur, despote, colérique, vaniteux, haineux, sans aucun affect pour l'humain. Cet être est tout bonnement à vomir. L'auteur nous transmet ce portrait détestable, mais aussi ses écrits, ses propos immondes sur ses expériences sur la gémellité, et sur cette volonté de "défendre la race nordique".

Dans un pays comme l'Argentine, qui voue un culte au couple Peron, Mengele ne se sent pas "dépaysé". Grâce à des explications claires et précises, on apprend beaucoup sur ce pays en plein expansion grâce à ses exportations vers l'Europe, mais aussi sur le couple Peron et ses liens avec le nazisme. Buenos Aires est un "Quatrième Reich fantôme" : l'Argentine ferme les yeux et délivre même un titre de séjour à Mengele. Si ce dernier s'en sort, c'est grâce aussi à des réseaux cachés, dans lesquels se réunissent ses camarades nazis. Ainsi, Rudel, "as des as de la Luftwaffe", le prend sous son aile. La famille richissime de Mengele qui possède une grande entreprise de machines agricoles en Allemagne, lui envoie de l'argent régulièrement. 

"(...) il a la liberté, l'argent, le succès, personne ne l'a arrêté et
personne ne l'arrêtera jamais".

A partir de là, Mengele va mener une vie agréable et paisible... "Il a quitté son triste faubourg pour l'épatante villa, un lit douillet, une chambre lumineuse (...), des petits pains, des œufs et une bonne Autrichienne qui s'affaire en cuisine soir et matin". Avec ses amis nazis, il joue au poker, va au théâtre, dans les cabarets, au dancing et fréquente des prostituées. "Il dirige une charpenterie et une fabrique de meubles financées par l'intarissable manne familiale, pratique des avortements clandestins et vante la robustesse légendaire des machines agricoles Mengele aux fermiers des provinces du Chaco et de Santa Fe." Personne ne le recherche. Alors, fini Helmut Gregor, Mengele reprend son véritable nom en 1956. "Le pacha s'entoure et s'embourgeoise. La vie lui sourit".

Ce n'est qu'à la fin de l'année 1956 que "le monde découvre peu à peu l'extermination des juifs d'Europe". Grâce à la mention de son divorce en 1954 sur les actes d'état civil, la traque de Mengele commence enfin. Il se voit contraint de se réfugier au Paraguay. La plénitude laisse peu à peu la place à la peur, à la solitude et à la paranoia chez Mengele. Pour notre plus grand plaisir. La presse parle de lui et de ses atrocités. Il prend un nouveau nom et s'installe chez un couple de fermiers hongrois dans une zone caniculaire paraguayenne.

"Maintenant commence la descente aux enfers de Mengele.
Il va ronger son cœur et s'égarer dans la nuit."

Dans une deuxième partie, l'auteur s'étend davantage sur les actes horribles perpétrés par Mengele à Auschwitz, relatés par ceux qui l'ont côtoyé de près. Ces passages sont très éprouvants à lire. Mais nécessaires pour que l'on saisisse toute l'horreur que cet homme a été capable de produire. "Le fils de bonne famille a envoyé quatre cent mille hommes à la chambre à gaz en sifflotant." Puis, l'auteur annonce d'ores et déjà la descente aux enfers de Mengele pour notre plus grande satisfaction.

Olivier Guez ne se contente pas de relater la cavale de Mengele. Il pointe du doigt divers acteurs qui l'ont aidé à se cacher, qui l'ont enrichi, qui se sont tus. Il met aussi en lumière les entreprises, les laboratoires qui ont largement profité des travaux des détenus d'Auschwitz pour s'enrichir. Il dénonce également ceux qui ont fui comme Mengele et qui se sont élevés notamment au rang de professeur d'université. Enfin, il met le doigt sur certains agissements du Mossad, chargé de traquer Mengele, qui n'a pas pris la peine d'interroger un témoin-clé. Mengele n'a jamais été capturé. Il n'a jamais été jugé. On ne peut pas s'empêcher de s'interroger sur certaines zones d'ombre.

Enfin, la bibliographie établie par Olivier Guez est forte intéressante et très complète si vous vous intéressez à la Seconde Guerre Mondiale. Et les toutes dernières lignes de l'auteur sur la Mémoire et la nature humaine sont tout simplement magistrales.

En bref, La Disparition de Josef Mengele est un roman fort, saisissant, magistral sur la cavale de ce criminel de guerre. On est tour à tour offusqués, dérangés, horrifiés par ses actes, ses pensées, son comportement et sa nature, profondément abjects. On apprend énormément sur l'Argentine et l'Allemagne de l'après-guerre. Ce roman nous amène enfin à nous interroger sur cette situation : comment des criminels de guerre peuvent-ils restés impunis ? Comment en sont-ils devenus à mener une vie de pacha ? Comment sont-ils passés entre les mailles du filet ? Pourquoi personne ne les recherchait avant 1956 ? Un livre parfois dur, mais nécessaire. Aussi passionnant que dérangeant, il parle de la nature humaine et tout ce qu'elle est capable d'engendrer. A lire absolument.



Un grand merci aux éditions Grasset et à NetGalley !

La Disparition de Josef Mengele, d'Olivier Guez, Grasset, 240 p., 18,50 €, sortie le 16 août 2017.



Pour tout savoir sur la Rentrée littéraire du Net, un événement créé par Piko Books, cliquez ici !



A bientôt pour une prochaine chronique ^^


Throwback Thursday livresque #42

Le Throwback Thursday livresque est un nouveau rendez-vous inspiré du "Throwback Thursday" d'Instagram, et créé par le blog BettieRose Books.
Le principe est simple : on partage chaque jeudi une lecture qui correspond à un thème donné.
Le récapitulatif des liens se trouve sur le blog BettieRose Books.

Le thème de cette semaine est :


Le livre le plus marquant
de vos lectures 2016





J'ai eu beaucoup de lectures marquantes l'année dernière. Je pourrais vous citer mes gros coups de cœur, comme La Voix des vagues de Jackie Copleton, Un Bûcher sous la neige de Susan Fletcher, Yaak Valley Montana de Smith Henderson, Là où les lumières se perdent de David Joy, etc., etc. mais je vous les ai déjà tous présentés dans plusieurs TBTL et même dans plusieurs autres rendez-vous... Vous devez en avoir marre à force, ça se comprend... Alors, j'ai décidé de vous présenter non un coup de cœur, mais un livre qui m'a interrogée, qui m'a bousculée, qui m'a un peu secouée, bref, un livre "choc" qui m'a fait réfléchir. Ce livre est sorti pendant la rentrée littéraire 2016... Il s'agit de :




Ils sont gardiens de la paix. Des flics en tenue, ceux que l’on croise tous les jours et dont on ne parle jamais, hommes et femmes invisibles sous l’uniforme.
Un soir d’été caniculaire, Virginie, Érik et Aristide font équipe pour une mission inhabituelle : reconduire un étranger à la frontière. Mais Virginie, en pleine tempête personnelle, comprend que ce retour au pays est synonyme de mort. Au côté de leur passager tétanisé, toutes les certitudes explosent. Jusqu’à la confrontation finale, sur les pistes de Roissy-Charles-de-Gaulle, où ces quatre vies s’apprêtent à basculer.
En quelques heures d’un huis clos tendu à l’extrême se déploie le suspense des plus grandes tragédies. Comment être soi, chaque jour, à chaque instant, dans le monde tel qu’il va ?


Police, de Hugo Boris, Grasset, 2016, 198 p., 17,50 €.



La conclusion de ma chronique : "Police est un livre actuel sur quatre vies humaines. Trois sont gardiens de la paix, un est un ex-détenu courant vers une mort certaine. On ne peut qu'apprécier la profondeur humaine de ces trois personnages, avec leurs doutes, leurs failles, leurs espoirs. Un roman court mais intense émotionnellement que je ne peux que vous recommander."

Ma chronique en intégralité


Cet excellent roman sera édité au format poche le 07 septembre 2017 par Pocket ! Profitez-en ! Je suis certaine que qu'il vous marquera lui aussi.




Je vous souhaite de très belles lectures.

A bientôt pour une prochaine chronique ^^




mercredi 16 août 2017

"La Tresse" de Laëtitia Colombani

Trois destins de femmes entremêlés




Présentation de l'éditeur

Trois femmes, trois vies, trois continents. Une même soif de liberté.Inde. Smita est une Intouchable. Elle rêve de voir sa fille échapper à sa condition misérable et entrer à l’école.Sicile. Giulia travaille dans l’atelier de son père. Lorsqu’il est victime d’un accident, elle découvre que l’entreprise familiale est ruinée.Canada. Sarah, avocate réputée, va être promue à la tête de son cabinet quand elle apprend qu’elle est gravement malade.

Liées sans le savoir par ce qu’elles ont de plus intime et de plus singulier, Smita, Giulia et Sarah refusent le sort qui leur est destiné et décident de se battre. Vibrantes d’humanité, leurs histoires tissent une tresse d’espoir et de solidarité.


Mon Avis


"J'aime ces heures solitaires, ces heures où mes mains dansent. C'est un étrange ballet que celui de mes doigts. Ils écrivent une histoire de tresse et d'entrelacs. Cette histoire est mienne.
Pourtant elle ne m'appartient pas."
Ainsi se termine le prologue du roman de la réalisatrice, actrice et scénariste française Laëtitia Colombani. Il s'agit de l'histoire de trois femmes issues de trois continents différents. Elles ne se connaissent pas. Leurs modes de vie ne sont évidemment pas les mêmes. Smita vit en Inde et elle est considérée comme un rebut de la société. Guilia, Sicilienne, est ouvrière dans l'atelier que dirige son père. Sarah, de Montréal, est associée dans un prestigieux cabinet d'avocats. Pourtant, un point commun les unit. Cet élément, nous le saurons qu'à la fin du récit.

"Mais ce matin n'est pas un jour comme les autres. Smita a pris une décision (...) :
sa fille ira à l'école."

Smita est une Dalit, une Intouchable. "Hors caste, hors système, hors tout". Elle n'est jamais allée à l'école. Son fardeau quotidien, sa punition, c'est de "ramasser la merde des autres à mains nues, toute la journée." Sa mère l'avait emmenée avec elle à l'âge de six ans pour qu'elle prenne la relève. Mais Smita refuse que sa fille Lalita connaisse à son tour ce misérable destin. Elle l'a décidé, Lalita ira à l'école.

La famille de Guilia vit depuis près d'un siècle de la "cascatura", une coutume sicilienne ancestrale qui consiste à conserver les cheveux pour en faire des postiches ou des perruques. Elle travaille comme ouvrière dans l'atelier Lanfredi, que dirige son père. Jusqu'au jour où ce dernier, victime d'un accident de scooter, se trouve entre la vie et la mort. Giulia se retrouve donc à la tête de l'entreprise et découvre plus tard les difficultés financières terribles que cachaient son père. Elle doit absolument trouver une solution pour sauver l'entreprise familiale et la dizaine d'ouvrières qu'elle emploie.

"Elle avait caché ses larmes sous une épaisse couche de fond de teint, avant d'aller travailler. Elle se sentait déchirée, écartelée, mais ne pouvait se confier à personne."

La vie de Sarah est chronométrée, "millimétrée". Associée dans un cabinet d'avocat prestigieux et machiste, elle a su bâtir une carrière solide après maints sacrifices : cela lui a coûté ses deux mariages. Sarah est une guerrière, et le tribunal, son arène. Cependant, derrière le masque, la culpabilité la ronge. Elle ne voit que très peu ses trois enfants. Le jour où elle a laissé son premier enfant âgé de 5 jours à une nourrice a été terrible pour elle. Pourtant, Sarah est heureuse : elle a une maison, une brillante carrière, des enfants. Seulement, après quelques malaises au travail, Sarah apprend qu'elle souffre d'une grave maladie. Sa vie bascule et sa brillante carrière est compromise.

Même si le style de Laëtitia Colombani reste simple et semble s'approcher de l'écriture du conte, le charme de La Tresse opère. Ces trois femmes se révèlent attachantes et émouvantes. L'autrice dénonce les injustices et les violences faites aux femmes, celles qui se voient ("Dans les villages, les femmes sont obligées d'attendre la tombée de la nuit pour aller dans les champs, s'exposant à de multiples agressions.") et celles qui ne se voient pas (la destitution d'une collègue de Sarah était "une violence sourde, invisible, une violence ordinaire que personne ne dénonçait."). Le poids des traditions, le système social pèsent énormément sur leurs vies. Et elles ont toutes choisi à un moment donné de redresser la tête et d'avancer, malgré les obstacles.

"Sa blessure ne se voyait pas, elle était invisible, quasi indécelable sous son maquillage parfait et ses tailleurs de grands couturiers."

Dans ce roman, les hommes proches de ces trois héroïnes sont des personnages très positifs (il faut le souligner !). Nagarajan, le mari de Smita, même s'il reste assez traditionaliste, "ne l'a jamais battue, jamais insultée" et accepte que sa fille aille à l'école. Ron, "Magic Ron", est celui qui garde les enfants et gère la maison de Sarah lorsqu'elle s'absente. Guilia tombe amoureuse d'un refugié de religion sikh, qui considère que la femme comme l'égal de l'homme. Ces trois hommes viennent en aide à nos trois personnages féminins.

Glissés entre quelques chapitres, des poèmes de l'autrice/ouvrière sur le travail du cheveu ajoutent du charme et de l'authenticité au récit. J'ai beaucoup apprécié ces petits apartés. Enfin, ce livre a le don de nous happer dans son intrigue grâce à ses amorces en fin de chapitre. On ne pense qu'à une chose : savoir ce qu'il va arriver à ces trois femmes étonnantes et puissantes.

En bref, oui, La Tresse mérite bien son succès. C'est un roman bouleversant, aux personnages attachants, au style clair et lissé. Trois femmes choisissent de prendre leurs destins en main malgré la discrimination, les traditions, la violence des hommes. Elles ont décidé de livrer bataille. Même si le récit contient quelques petits défauts des premiers romans (quelques clichés, style relativement simple), le charme opère et la fin est juste magnifique. Et mon avis n'est pas tiré par les cheveux, car La Tresse est en cours de traduction dans 16 langues, sera peut-être sélectionné pour le Prix Renaudot (d'après Europe 1) et son autrice pense même à l'adapter en film !


La Tresse, de Laëtitia Colombani, Grasset, 2017, 224 p., 18 €.





Un grand merci à NetGalley et aux éditions Grasset pour cette excellente lecture.

A bientôt pour une prochaine chronique ^^




mardi 15 août 2017

Top Ten Tuesday #24

Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon un thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a été initialement créé par The Broke and the Bookish et repris en français par Frogzine. Le récapitulatif des liens se trouve sur son blog.

Le thème d'aujourd'hui est :



Les 10 livres de votre PAL
qui attendent depuis trop longtemps d'être lus




Je n'ai pas triché ! ^^
Excellent thème, qui me permet de passer en revue les "oubliés" de ma PAL...


1. La Fille du chaos, de Masahiko Shimada (Le Livre de Poche)

Naruhiko a hérité des pouvoirs visionnaires de sa grand-mère chamane. Pour apprendre à contrôler ses dons, l’adolescent retourne sur la terre de ses ancêtres afin d’y subir un éprouvant rite d’initiation. Dans ses rêves apparaît Mariko.
Lycéenne devenue amnésique, celle-ci est séquestrée par un homme qui abuse d’elle et la conditionne au meurtre. Une fois libérée, elle est vite happée par la violence des bas-fonds de Tôkyô. Elle rencontre Sanada, un professeur d’université qui va se servir de la jeune fille comme machine de guerre contre une société aliénée et corrompue qu’il abhorre.
Unissant trois destins, ce spiritual mystery (« polar spirituel ») convoque le chamanisme et les forces surnaturelles d’un Japon millénaire pour mieux dénoncer l’enfer d’un monde qui a perdu son âme.


2. La Conquête de Plassans, d'Emile Zola (Le Livre de Poche)


"Dormez sur vos deux oreilles, disait Flaubert à Zola inquiet, c'est une œuvre, votre bouquin, fort, très fort, râblé, bien portant." Il s'agissait de ce quatrième volet des Rougon-Macquart, histoire naturelle et sociale d'une famille sous le Second Empire. C'est la conquête d'une ville légitimiste, en réalité Aix, la ville natale de Zola, par un prêtre bonapartiste qui subjugue les femmes, la belle société, la jeunesse et le clergé. Au milieu des intrigues mesquines ou cocasses des " honnêtes gens ", ce prêtre ambitieux et sans scrupule, véritable Satan, va conduire les héros, dans un déchaînement de violence, à la folie et à la mort.

Il faudrait que je termine de le lire !


3. Les Bienveillantes, de Jonathan Littell (Gallimard)


"En fait, j'aurais tout aussi bien pu ne pas écrire. Après tout, ce n'est pas une obligation. Depuis la guerre, je suis resté un homme discret; grâce à Dieu, je n'ai jamais eu besoin, comme certains de mes anciens collègues, d'écrire mes Mémoires à fin de justification, car je n'ai rien à justifier, ni dans un but lucratif, car je gagne assez bien ma vie comme ça. Je ne regrette rien : j'ai fait mon travail, voilà tout; quant à mes histoires de famille, que je raconterai peut-être aussi, elles ne concernent que moi; et pour le reste, vers la fin, j'ai sans doute forcé la limite, mais là je n'étais plus tout à fait moi-même, je vacillais, le monde entier basculait, je ne fus pas le seul à perdre la tête, reconnaissez-le. Malgré mes travers, et ils ont été nombreux, je suis resté de ceux qui pensent que les seules choses indispensables à la vie humaine sont l'air, le manger, le boire et l'excrétion, et la recherche de la vérité. Le reste est facultatif." Avec cette somme qui s'inscrit aussi bien sous l'égide d'Eschyle que dans la lignée de Vie et destin de Vassili Grossman ou des Damnés de Visconti, Jonathan Littell nous fait revivre les horreurs de la Seconde Guerre mondiale du côté des bourreaux, tout en nous montrant un homme comme rarement on l'avait fait : l'épopée d'un être emporté dans la traversée de lui-même et de l'Histoire.


4. Désirable, de Yann Queffélec (Points)


"J'ai perdu la vie, cet après-midi-là, avec ma polaire violette et mes antibios, ma tétine à ruban. Au début j'ai vu la mer et le cygne de mer, tout près, il ouvrait les ailes, on s'est même regardés. J'allais poser la main sur lui quand l'océan m'a fermé les yeux."


Yann Queffélec fait partie de mes auteurs favoris.







5. Kushiel, tome 1 : la Marque, de Jacqueline Carey (Milady)


Phèdre a été marquée par le dieu Kushiel, ce qui lui vaut d'éprouver à jamais le plaisir dans la douleur. Un don unique et cruel qui a fait d'elle la plus convoitée des courtisanes… et une espionne exceptionnelle. Très vite, Phèdre va découvrir l'existence d'un complot mortel qui pèse sur son peuple, et se retrouver embarquée dans une aventure épique et déchirante, qu'il lui faudra mener jusqu'au bout.






6. Le Jour où..., de Paul Beorn (Castelmore)


Un thriller fantastique fort et poignant raconté à deux voix, et prenant place dans une ville fictive française. Un thème proche du roman Sa Majesté des mouches de William Golding. Tous les adultes se sont endormis... que la fête commence ! Pendant une journée que les enfants baptisent « le jour du marchand de sable », tous les adultes sombrent les uns après les autres dans un mystérieux coma... Enfants et adolescents se retrouvent livrés à eux-mêmes. Dans une petite ville, Léo et Marie, deux lycéens de seize ans, rassemblent autour d'eux quelques amis pour vivre ensemble dans un vieil immeuble. Mais des gangs profitent de la situation, s'accaparent les réserves de nourriture et deviennent de plus en plus violents. La bande de Léo doit apprendre à se battre pour défendre leur liberté quand d'autres voudraient imposer la loi du plus fort. Léo et sa bande parviendront-ils à survivre jusqu'au réveil des adultes ? Et si les adultes ne se réveillaient jamais ?


7. L'Héritage des rois-passeurs, de Manon Fargetton (Bragelonne)


La dernière héritière d'une lignée royale doit fuir notre monde et retourner dans celui de ses ancêtres pour échapper aux hommes qui veulent l'éliminer. Là-bas, une princesse rebelle rentre chez elle pour prendre ce qui lui est dû : le trône d'Ombre. Voici l'histoire de deux femmes, de deux mondes imbriqués, de deux retours simultanés qui bouleverseront une fois de plus le destin tortueux du royaume d'Ombre. Coïncidence, ou rencontre orchestrée de longue date ?






8. Feed, tome 1, de Mira Grant (Bragelonne)


Lorsque le virus s'est propagé, en 2014, tout le monde a cru à une blague, alors que ça pouvait aussi bien être la fin du monde. Aujourd'hui, en 2039, chacun a appris à éviter les zones infectées et les rassemblements publics. Mais lorsqu'il s'agit de suivre la campagne pour les présidentielles aux Etats-Unis, certains, comme les blogueurs Georgia et Shaun Mason, au nom de la vérité, sont prêts à affronter le danger : les meetings, les hordes de journalistes et d'agents chargés d'assurer la sécurité des candidats... Autant de risques de se retrouver en présence d'un infecté, face à face avec un zombie. Feed est à la fois un roman d'horreur, une fable grinçante sur le journalisme et la politique, une ode à la culture geek, un thriller conspirationniste haletant... et bien plus encore !


9. Les Sept royaumes, tome 1 : le Roi démon, de Cinda Williams Chima (Bragelonne)



Les Sept Royaumes vont trembler ! Pour aider sa famille à survivre, Han a renoncé à sa vie de voleur. Ses bracelets d’argent suffiraient à la nourrir, mais un sort mystérieux les scelle à ses poignets depuis toujours. Et ses mésaventures ne font que commencer : quand il prend possession d’une étrange amulette, il est loin d’imaginer qu’elle a appartenu au Roi Démon, qui a failli détruire le monde mille ans auparavant... et qu’il vient de s’attirer les foudres d’hommes impitoyables. Raisa est princesse, mais elle aussi doit se battre... contre le mariage que lui impose sa mère. Pas question de se laisser faire ! Elle préfère partir au galop vers l’aventure et rêver d’Hanalea, la guerrière légendaire qui libéra le monde de l’emprise du Roi Démon. C’est ainsi qu’Han et Raisa vont se rencontrer et, à leur insu, réveiller les forces obscures qui avaient autrefois mis les Sept Royaumes en péril...



10. Les Enchantements d'Ambremer, tome 1 : le Paris des merveilles, de Pierre Pevel (Bragelonne)


À première vue, on se croirait dans le Paris de la Belle Époque. En y regardant de plus près, la tour Eiffel est en bois blanc, les sirènes ont investi la Seine, les farfadets, le bois de Vincennes, et une ligne de métro rejoint le pays des fées... Dans ce Paris des merveilles, Louis Denizart Hippolyte Griffont, mage du Cercle Cyan, est chargé d'enquêter sur un trafic d'objets enchantés, lorsqu'il se retrouve impliqué dans une série de meurtres. Il lui faudra alors s'associer à Isabel de Saint-Gil, une fée renégate que le mage ne connaît que trop bien...




Et vous, quels sont les oubliés de votre PAL ?

Je vous souhaite de très belles lectures.

A bientôt pour une prochaine chronique ^^






lundi 14 août 2017

C'est Lundi, que lisez-vous ? #58

C'est l'heure du célèbre rendez-vous "C'est lundi, que lisez-vous ?", inspiré de It's Monday, What are you reading ?, repris par Galleane. Le récapitulatif des liens se fait sur son blog.


Chaque lundi, on répond à trois questions :
1. Qu'ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment ?
3. Que vais-je lire ensuite ?


La semaine dernière, j'ai lu :



J'ai lu une vraie pépite : Nulle part sur la terre, deuxième roman de Michael Farris Smith, qui paraîtra chez Sonatine le 24 août prochain. C'est l'un de mes gros coups de cœur de cette rentrée littéraire. Ce récit met en lumière deux personnages déchirés par la vie, Maben qui erre sans but et sans argent avec sa petite fille, et Russell qui sort juste de prison. Il parle de rédemption, met en avant ces laissés pour compte, ces acharnés qui s'accrochent à la vie. Le style de l'auteur est certes assez particulier, mais on s'y habitue très vite. Un écrivain à suivre absolument.
Ensuite, j'ai lu L'Ecliptique de Benjamin Wood, auteur du Complexe d'Eden Bellwether. Ici, on parle d'un refuge réservé uniquement aux artistes, dans les années 70. Malheureusement, je n'ai pas été conquise par ce roman que j'ai trouvé long et ennuyeux. Il sort en librairie le 17 août. 




En ce moment, je lis :

1949  : Josef Mengele arrive en Argentine.
Caché derrière divers pseudonymes, l’ancien médecin tortionnaire à Auschwitz  croit pouvoir s’inventer une nouvelle vie à Buenos Aires. L’Argentine de Peron est bienveillante, le monde entier veut oublier les crimes nazis. Mais la traque reprend et le médecin SS doit s’enfuir au Paraguay puis au Brésil. Son errance de planque en planque, déguisé et rongé par l’angoisse, ne connaîtra plus de répit… jusqu’à sa mort mystérieuse sur une plage en 1979.
Comment le médecin SS a-t-il pu passer entre les mailles du filet, trente ans durant  ?
La Disparition de Josef Mengele est une plongée inouïe au cœur des ténèbres. Anciens nazis, agents du Mossad, femmes cupides et dictateurs d’opérette évoluent dans un monde corrompu par le fanatisme, la realpolitik, l’argent et l’ambition. Voici l’odyssée dantesque de Josef Mengele en Amérique du Sud. Le roman-vrai de sa cavale après-guerre.

Sortie le 16 août.


Ma prochaine lecture :



Articles publiés la semaine dernière :

Bla bla my life :
Le blog fonctionnera au ralenti toute la semaine prochaine, vacances obligent ! Je reviendrai en forme le 28 août, avec des chroniques spéciales "rentrée littéraire" !


Je vous souhaite une excellente semaine et de très belles lectures.

A bientôt pour une prochaine chronique ^^